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Actualité du 16 juin 2006

Les groupements de vente de lactalis réunis à la maison du lait

Lactalis dérape
A l’appel de la FNPL, les groupements de vente de Lactalis se sont réunis le 13 juin à Paris pour faire le point sur la situation de crise qui règne au sein de la filière laitière. Face à l’attitude inacceptable de Lactalis qui menace de faire voler en éclat l’accord du 26 janvier 2006 en appliquant une baisse injustifiée du prix du lait, les représentants des groupements de vente se sont entendus pour lancer une communication auprès des producteurs et des transformateurs. Si aucune réaction positive n’est constatée de la part de l’industriel, l’hypothèse de lancer des actions syndicales sera émise.

Le 26 janvier dernier, l’interprofession laitière parvenait à un accord sur les modalités de fixation de l’évolution du prix du lait : outre le mécanisme de remise à zéro de la perte sur les produits industriels et les conditions d’application de la flexibilité additionnelle, cet accord prévoyait la possibilité d’un régime dérogatoire pour des projets de restructuration.
Sodiaal, premier groupe coopératif laitier français, a déposé à l’interprofession une demande de régime dérogatoire pour un plan restructurant qui doit notamment déboucher sur une amélioration du secteur du lait de consommation et fait appel à ses sociétaires pour participer à son financement. Le comité des sages, instance découlant de l’accord de janvier et dans laquelle siège un représentant de chaque famille a donné un avis favorable à ce projet, affirmant que le prélèvement n’aurait pas d’impact sur la concurrence. Malgré cela, l’une des familles de l’interprofession, la FNIL, à laquelle adhère Lactalis, n’a pas validé l’avis du comité.
Alors que Sodiaal a commencé à appliquer son prélèvement depuis avril, Lactalis, deuxième entreprise sur le marché du lait de consommation derrière Sodiaal, annonce en représailles que le prix du lait au producteur sera obéré d’un ajustement de 2.36 € /1000L au mois de mai avec un effet rétroactif sur le mois d’avril (soit une baisse de 4.7 € / 1000L au mois de mai) ! De cette manière, le deuxième agroalimentaire français s’assoit littéralement sur l’accord du 26 janvier et menace l’ensemble des producteurs de lait français. S’il est vrai que Tempé Lait, du groupe Sodiaal, a fait une erreur en appliquant son prélèvement dès le mois de mars, donc avant que l’avis du comité des sages ne soit rendu, la décision de lactalis est injustifiée puisqu’elle n’a fait l’objet d’aucune demande ni discussion préalable.
Selon Yves Pegeot de la société Marcillat, Lactalis serait prêt à revenir sur sa décision seulement si Sodiaal accepte que le montant des prélèvements aux sociétaires soit reversé sur le capital social du groupe coopératif, opération inutile dans la mesure où ce fond ne pourrait être ensuite utilisé pour le financement d’un plan social (qui fait partie intégrante du projet de restructuration du groupe).

Réunion d’urgence à Paris
C’est dans le but de faire le point sur la situation et d’adopter une stratégie d’action que la FNPL a invité les responsables de groupements de vente Lactalis à la maison du lait, mardi 13 juin. Des producteurs, venus de toute la France ont ainsi été informés précisément des événements des dernières semaines et ont pu ensuite échanger leurs points de vue. Pour tous, l’attitude de Lactalis est inadmissible : dès la signature de l’accord, explique T. Roquefeuil, secrétaire général de la FNPL, les responsables de l’entreprise connaissaient parfaitement les intentions de Sodiaal en matière de restructuration. Le comité des sages a d’ailleurs été créé dans ce sens et les représentants de Lactalis ont largement participé aux négociations. Pourquoi alors réagir de telle manière à une opération que l’entreprise a implicitement cautionnée en signant l’accord du 26 janvier ?
Les responsables des groupements de vente constatent avec rancœur qu’une fois de plus, un accord interprofessionnel est mis à mal par un industriel, qui risque d’entraîner à nouveau le prix du lait vers le bas et pénaliser l’ensemble des producteurs français. C’est pourquoi ces derniers souhaitent sauver et faire vivre l’accord tant qu’ils le pourront. Ils ont décidé de renvoyer la balle dans le camp des transformateurs, et de Lactalis en particulier : un courrier sera rédigé dans les prochains jours par la FNPL et transmis à l'Association de la Transformation Laitière Française (ATLA). Il y sera demandé aux transformateurs de faire face à leurs responsabilités et de prendre rapidement une décision. De leur côté, les responsables de groupement se sont engagés à diffuser massivement les informations et les enjeux de cette affaire à tous les producteurs livrant leur lait à Lactalis, mais aussi plus largement à l’ensemble des producteurs de lait. Ils souhaitent une réaction positive rapide de la part de Lactalis et espèrent ne pas avoir à lancer d’actions syndicales pour ramener l’industriel à la raison. A bon entendeur…


Émilien Fatet

 

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