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Actualité du 17 juin 2005

Assemblée générale

L'ULPL au tournant des 30 ans
La coopérative vient de traverser un exercice long et éprouvant qui s’est soldé par des pertes conséquentes. Baisse du prix, lait impayé par Parmalat et disparition de contrats de vente ont nécessité une réorganisation. L’investissement dans la transformation à Belfort a été rendu possible grâce à une recapitalisation par les adhérents. L’heure est aussi aux partenariats coopératifs pour d’évidentes restructurations industrielles.

“Historique”. Le président de l’Ulpl n’a pas hésité à employer les grands mots pour qualifier la situation de la coopérative qui s’apprête à célébrer ses trente bougies.
“Ces deux derniers exercices ont enregistré des modifications plus importantes que durant les vingt dernières années”, juge Martin Verdenal, le directeur qui fait valoir fin juin ses droits à la retraite. “Tant au niveau de la structure financière, qu’au niveau de la stratégie et du management”.

60% des contrats tombent

L’assemblée générale qui se déroulait fin mai à Velaine-en-Haye a mis en relief les faits marquants du dernier exercice. Exceptionnellement long, puisqu’il portait sur 15 mois, compte tenu du changement comptable intervenu. Il faut donc replacer dans ce cadre la progression de 19% du chiffre d’affaires, porté à 50,5 millions d’euros.
L’Ulpl a subi de plein fouet la tourmente laitière qui est montée en puissance en 2003-2004. Les anticipations des acheteurs de lait sur la mise en œuvre de la réforme de la Pac se sont traduites par une baisse de prix immédiate chez les opérateurs Nord-européens. “En six mois de temps, nous avons subi une rupture de nos contrats de vente de lait à hauteur de près de 60%... Il nous fallait réagir” rappelle Laurent Hassoux, le président.

Marché atone

En s’alliant à la CAL de Blâmont, puis à la laiterie Freiwald pour la reprise de la Centrale Laitière de Franche-Comté, l’Ulpl a investi dans la Sas Le Francomtois et s’est impliquée dans sa gestion quotidienne. Ce qui a donc permis d’orienter les litrages abandonnés par les industriels vers l’usine de Belfort.
“Nous sommes entrés de plein pied dans les marchés de produits de grande consommation et plus particulièrement des pâtes cuites” argumente Michel Thomas, le président de la Sas Le Francomtois. “Nous avons subi une baisse des prix de vente d’environ 4,5% par rapport à 2003 sur un marché atone. Malgré ce handicap et après avoir tout mis en œuvre pour restaurer la profitabilité de l’activité pâtes cuites, les résultats restent conformes aux prévisions mais malgré tout, déficitaires”.
Au cours de l’été dernier, une étape supplémentaire a été franchie avec la reprise des fromageries Georges Grillot, toujours en partenariat avec la Cal de Blâmont. Cette acquisition permet de maintenir un débouché aux producteurs francs-comtois. Elle conduit surtout à élargir le plateau commercial de l’ensemble. Les Comté, Morbier et Mont d’Or y accompagnent désormais Munster, Brie de Meaux, Emmental, Gruyère, Cancoillotte et Crème épaisse.
Simultanément, l’Ulpl a eu à vivre le douloureux épisode de l’affaire Parmalat. La déconfiture du géant italien a laissé une ardoise d’impayés à hauteur de 570.000 euros. Laurent Hassoux considère que tout n’est pas perdu de ce côté puisque des cabinets d’affaires cherchent à racheter une partie de cette créance.

Perte de 3 millions d’euros

C’est donc à l’aune de tous ces événements qu’il faut analyser la perte nette comptable de plus de 3 millions d’euros enregistrée. Sur le plan de la gestion des effectifs, l’entreprise a mis en œuvre une restructuration drastique. “Le personnel de l’Ulpl soit 37 salariés plus la filiale Matel avec 4 salariés, représente 41 personnes à plein temps, soit moins 18 par rapport à l’année précédente” a indiqué Martin Verdenal.
Une évolution qui a conduit à revoir les prestations en direction des producteurs, en introduisant notamment le conseil payant. “Un accompagnement a été mis en place en privilégiant cinq axes, note Martin Verdenal, l’optimisation, l’efficacité, la technicité, la qualité, la performance”.

Appel aux partenariats

Les adhérents ont été fortement sollicités l’an passé. Laurent Hassoux leur en sait gré : “nous avons pu augmenter le capital social de 545.000 euros grâce à leur mobilisation, ce qui nous mène à 8% du chiffre d’affaires en capital social. Dans la logique de développement de l’outil de transformation, il est tout à fait envisageable de passer à 10% dès l’an prochain”.
Dans le contexte d’excédent laitier vécu à l’échelle européenne, l’Ulpl se dit prête à étudier toute forme de partenariat, en restant acteur dans la transformation, afin de pérenniser la filière lait du Grand Est et ainsi d’assurer un revenu durable à ses producteurs. “Il est nécessaire de mettre en place des pôles coopératifs pour des produits tels que l’emmental et le lait Uht et s’organiser
collectivement pour gérer les laits dits flottants” a conclu Laurent Hassoux. Toutes choses qui devraient être développées lors de l’assemblée générale de la CLFC qui se déroulera le mardi 28 juin à 14 heures à l’hôtel Mercure à Danjoutin.


Source Paysan Lorrain

 

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