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Actualité du 17 juin 2005

Interview de Régis Chevallier

Accord sur le prix du lait : "l'essentiel est préservé"
L’accord sur le prix du lait qui a été signé fin mai permet d’éviter des baisses en cascades qui n’auraient pas manqué de survenir dans les prochains mois. Il va permettre de donner une lisibilité aux producteurs et aux entreprises jusqu’à la fin de l’année.

• Quelle est votre appréciation du récent accord sur le prix du lait ?
Régis Chevallier : Cet accord a évité le pire. Avec la mise en place de la réforme de la politique laitière européenne, le prix du lait est malmené, et nous avons à faire face à des remises en cause régulières de nos accords nationaux. Pourtant, nous restons persuadés que nous ne pourrons tenir le revenu des éleveurs que si nous sommes capables d’encadrer l’évolution du prix du lait au niveau national. En avril, la situation semblait bloquée, et la voie pour parvenir à un compromis était particulièrement étroite. Sans accord, nous étions convaincus que des baisses en cascades surviendraient dans les prochains mois. Je considère que l’essentiel a été préservé, même si, comme dans toute négociation, les uns et les autres ont dû faire des concessions.

• Est-ce que cet accord est durable ?
Les modalités de fixation du prix du lait ont évolué pour tenir compte de la réforme de la PAC. Elles doivent être pérennes. Pour ce qui est du prix du lait en 2005, les bases sont définies jusqu’à la fin de l’année. Cet accord sera durable si nous maintenons la valorisation du marché intérieur, c’est d’abord de la responsabilité des entreprises, mais la FNPL est partie prenante pour assurer la réalisation de cet objectif.

• Comment renforcer cet accord ?
Comme je l’ai dit, cet accord a le mérite d’exister et de nous
permettre maintenant de nous atteler aux véritables causes des difficultés que nous traversons. Nous devons absolument mettre en œuvre les mesures structurelles qui doivent tenir les marchés. Tout d’abord, nous devons
résoudre la crise qui sévit dans le
secteur du lait de consommation en contribuant collectivement au développement de la consommation, à la restructuration du
secteur, et à la recherche de
nouveaux débouchés. Plus largement, nous devons trouver des outils pour mieux adapter notre production à la demande et résoudre la problématique des laits qui aujourd’hui n’ont pas de débouchés définis.

Regroupements nécessaires

• La FNPL a souvent évoqué la nécessaire restructuration industrielle…
La réussite d’une bonne valorisation, et donc d’un bon prix du lait, dépend bien entendu de la santé des entreprises. Aujourd’hui, certaines d’entre elles souffrent, en particulier - mais pas seulement – des coopératives. A ce sujet, je tiens à dire clairement les choses. Je pense - et nous pensons à la FNPL - que l’avenir de la filière laitière ne peut se poursuivre sans un secteur coopératif fort et en bonne santé. Un producteur sur deux est lié à la coopération, et souvent dans des zones difficiles. C’est pourquoi nous sommes véritablement attachés à ce que les coopératives trouvent les solutions pour améliorer leur situation en se restructurant de façon raisonnée. Des regroupements, notamment de l’offre, sont plus que nécessaires aujourd’hui, dans un contexte de plus en plus concurrentiel.
Beaucoup de concessions et d’efforts ont été fournies par la FNPL pour aboutir à un accord sur le prix du lait. Celui-ci est établi pour l’ensemble de l’année 2005 et doit donner une certaine visibilité aux producteurs comme aux entreprises. Nous comptons sur les deux autres familles, FNCL et FNIL, pour avoir, dans les prochains mois, une attitude constructive et travailler à une adaptation structurelle de notre appareil de transformation. C’est le seul remède pour que la filière laitière française toute entière soit capable de résister aux difficultés nouvelles.

 

 

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