Dommage que ce “printemps bio” n’ait pas encouragé les foules à visiter les deux fermes bio qui ont ouvert leurs portes cette semaine en Haute-Saône. C’était l’occasion de lever le voile sur un autre mode de production et d’évoquer différents sujets liés à l’environnement, à la consommation....
Donc la semaine dernière, les 9 et 10 juin, respectivement le Gaec Manaore de Menoux : une exploitation céréalière qui développe la production de plants de maraîchage et de framboises ainsi que la ferme de Frédéric et Michèle Philibeaux de Cult : une exploitation qui pratique la vente à la ferme de viande et volaille en caissette, notamment, étaient ouvertes au public.
Ces deux sites ont reçu la visite des conseillers généraux locaux, des représentants de la Chambre d’agriculture mais aussi de consommateurs venus s’informer sur les différences entre les modes de conduite conventionnels et le bio. Si le label AB semble identifié, la confusion est grande avec les nouveaux concepts d’agriculture raisonnée, agriculture durable, par exemple. D’autres idées reçues apparaissent : certains pensent qu’en agriculture biologique les antibiotiques sont interdits. Faux, en cas de besoin un traitement allopathique, classique est autorisé : “il est hors de question de laisser mourir nos animaux” a rappelé un éleveur bio.
Ces journées portes ouvertes étaient aussi l’occasion pour les membres du syndicat bio de rappeler leurs souhaits. En effet, ils aimeraient plus de reconnaissance et une rémunération qui encourage les efforts fournis au profit de la protection de l’environnement. L’occasion aussi de dénoncer la réforme de la Pac qui les pénalise. Enfin, ils demandent une concurrence loyale au sein de l’Europe : certains pays (Italie, Belgique, aident les agriculteurs bio à travers différents soutiens ce qui engendre des problèmes de concurrence.
Les producteurs bio ont encouragé les élus départementaux à suivre l’exemple des Conseils généraux de l’Yonne ou Nièvre qui apportent leur soutien à la certification des exploitations biologiques.
Dans le domaine des OGM, les “bio” les refusent, les jugent incompatibles avec le bio et voient en elles un risque de contamination accidentelle qui pourraient porter préjudice à leurs productions.
Enfin, le syndicat propose que les cantines scolaires, la restauration collective confectionnent une partie des menus avec des produits bio.
Reste que certaines techniques bio sont de plus en plus empruntées par les agriculteurs conventionnels comme l’a souligné Michel Renevier, président de la Chambre d’agriculture de Haute-Saône, présent à Cult, qui constate que certaines façons de faire peuvent aussi s’adapter aisément à l’agriculture classique.
Outre ces visites de fermes, les producteurs du syndicat bio, dans le cadre du printemps bio, ont ouvert leur ferme aux élèves : ce fut le cas chez Galmiche à Saint-Bresson. De plus, ils étaient présents avec toute une palette de produits, plants de fruits et légumes, légumes, produits transformés (fromages, vins, confitures) sur le marché de Vesoul, jeudi, pour se faire connaître et reconnaître.
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