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Actualité du 17 juin 2005

Jean-Marie Génelot

Père, grand-père, arrière-grand-père actif…
Jean-Marie Génelot est un retraité agricole actif : il œuvre pour que les épouses de prisonniers de guerre obtiennent une reconnaissance de la nation : le mérite agricole. Ce dévouement pour cette cause s’explique certainement par son vécu...

La vie n’est pas toujours un long fleuve tranquille. Jean-Marie Génelot fait partie de ces pères de familles qui ont traversé le temps en surmontant les épreuves tout en conservant une petite étincelle de joie de vivre, et beaucoup d’humour, malgré tout...
Aujourd’hui à 81 ans, très actif et blagueur, ce patriarche reste disponible pour son épouse, ses enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants et consacre une partie de son temps à recenser les épouses de prisonniers de guerre : “ces femmes qui ont travaillé sans compter durant l’absence de leur mari, et qui ont tenu ferme, enfants, à force de sacrifice et de courage que la nation doit légitimement leur reconnaître”.
Né en mars 1924 dans une famille de paysans à Vars, le petit Jean-Marie attrape rapidement le virus agricole. Dès 9 ans, il essaie d’empoigner la charrue attelée au cheval ce qui lui vaut le commentaire du voisin “t’as le collier galérien au cou”. Néanmoins son père décide de lui faire suivre des études et l’envoie à l’école à Saint Joseph à Dijon. Mais au printemps, l’appel du travail des champs est plus fort que sa volonté de poursuivre des études. Contrairement à ses frères, qui eux poursuivront la voie souhaitée par leur père pour devenir ingénieur, Jean-Marie reprendra l’exploitation familiale, comme il le souhaite.
En 1946, il se marie. De cette union naissent 4 enfants : Nicole, Marie-Claude, François et Brigitte. Mais le 7 avril 1957, son épouse décède subitement, emportée par une maladie foudroyante, laissant Jean-Marie veuf à 33 ans avec 4 enfants âgés de 9, 7, 5 ans et 18 mois. Une épreuve cruelle de la vie à surmonter. Il lui faut assumer le travail de la ferme, la maison et les enfants. “C’était difficile, mes gamins n’étaient pas gâtés. Au menu, c'était souvent pâtes et œufs. L’aînée était souvent sollicitée...” Le bonheur est revenu à la maison lorsque Jean-Marie a épousé en seconde noce, Clémentine.
Elle va épauler Jean-Marie à la maison, participer activement à l’éducation des enfants telle une mère. Là aussi, il y eut pour la famille reconstituée, comme on le dit aujourd’hui, des hauts et des bas : mais finalement, comme dans toutes les autres familles. La vie prendra le dessus et la famille va connaître des années sympathiques et agréables au fil des années qui passent avec le mariage des enfants, la venue de petits enfants et ce jusqu’en 1982. Cette année-là, Marie-Claude décède des suites d’une longue maladie à l’âge de 32 ans, laissant deux enfants orphelins de mère. Une nouvelle épreuve qui sera émaillée d’autres soucis que toute famille connait. Avec énergie et courage, le couple passe le cap, se serre les coudes apportant soutien aux enfants, petits enfants, quand il y a besoin. Sylvie, une des petites filles passera une partie de son enfance dans la ferme des grands parents.
En 1984, Clémentine subit une opération de la hanche. Dès lors, les enfants encouragent les parents à cesser la production laitière. Seules les productions de céréales et viande bovine sont conservées. Une partie de l’exploitation est reprise par le jeune agriculteur, installé dans le village voisin, que Sylvie a épousé.
En 1989, sonne l’heure de la retraite bien méritée. Toutefois, Jean-Marie reste actif donnant un coup de main en cas de besoin à son petit fils, assumant différents engagements. La maison reste ouverte pour tous ceux et celles qui veulent passer, donner ou prendre des nouvelles. Aujourd’hui, grand-père de huit enfants, deux fois arrière-grands-pères de deux petites-filles, ses mercredis sont consacrés à cette nouvelle génération. “Pépère” est là pour conduire les filles au piano ou au solfège, pendant que les parents sont au travail. “C’est un bon remède pour se stimuler et vieillir moins vite”.
À la veille de la fête des pères, voilà le portrait d’un “pépère” qui n’a pas eu une vie du même nom, et qui savoure son quotidien entouré de toutes “ses femmes” : son épouse, ses filles, petites et arrière-petites-filles qui le lui rendent bien et ce, sans oublier la gente masculine de la famille qui est certes moins nombreuse mais qui, malgré tout, assume sa place.


CD

 

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