Près de 20.000 visiteurs, selon l’organisation, ont sillonné les quelque 30 ha de la ferme du lycée agricole de Mirecourt entièrement dédiés au Salon de l’herbe. Les organisateurs et les exposants tirent un bon bilan de cet événement national, organisé pour la première fois dans l’Est. Il s’est déroulé dans un site vallonné permettant au visiteur d’embrasser du regard l’ensemble de la manifestation pour en apprécier toute l’étendue. Près de 150 exposants sur une centaine de stands - semenciers, fournisseurs de produits ou services liés à l’herbe, constructeurs de matériels -, une dizaine d’espaces techniques, 350 micro-parcelles présentant les variétés fourragères et 18 ha investis par les démonstrations de récolte en directe… une fourmilière multicolore présentait toutes les techniques de l’herbe !
Faciliter l’entretien
Au cours d’une visite sur le thème de la récolte et de la conservation des fourrages, on remarque chez Claas l’impressionnante faucheuse automotrice Cougar 1400, présentée au travail pour la toute première fois au niveau français à l’occasion du salon mercurtien.
Dotée d’une largeur de travail pouvant atteindre 14 m grâce à 5 groupes de faucheurs de 3 m, et d’un moteur de 480 chevaux, “elle permet aux entreprises allemandes, irlandaises ou américaines qui l’utilisent de faucher jusqu’à 150 ha/jour, explique François-Régis Mathieu, responsable de marché chez Claas, tout en gardant grâce au repliage des groupes un encombrement de 3 m seulement et une très bonne visibilité lors du transport”. Egalement présentée pour la première fois, l’autochargeuse Quantum 6800 P de 68 m3, “la plus grosse chez Claas, sur un marché qui se développe en France en raison d’un manque de main d’œuvre”.
Chez Krone, c’est la faucheuse automotrice Big M II de 360 chevaux, équipée d’un regroupeur d’andains permettant de travailler sur 9,70 m, qui fait la démonstration de sa grande vitesse de travail. Bientôt suivie par l’ensileuse Big X (jusqu’à 780 chevaux, et 12 rangs en maïs).
Parmi les faucheuses traînées, sur le stand John Deere, tenu en partenariat avec la Coopérative Agricole Lorraine qui distribue la marque sur les Vosges et la Meurthe-et-Moselle, Philippe Deguin présente la nouvelle série 500 de faucheuses conditionneuses (3 à 3,5 m de largeur). “Le timon latéral est accroché au centre pour plus de stabilité, la plate-forme de coupe est suspendue par deux grands ressorts et un lamier très fin qui permettent de travailler bien à plat. Pour faciliter l’entretien et diminuer les coûts, le lamier est conçu par modules de 50 cm (on ne change que celui qui est endommagé) et le système de changement des couteaux a été simplifié”.
Conditionner les légumineuses
Chez Kuhn, la faucheuse-conditionneuse FC 353 RA de 3,5 m dotée d’un groupeur à tapis, “permet de grouper trois andains”, souligne Denis Delcey. Le groupe de fauche FC 883 “qui combine une faucheuse frontale traînée poussée et un groupe arrière” travaille sur 8,8 m. On voit également, en action, la Gmd 802 portée (3 ,1 à 3,6 m, sans conditionneur) équipée du système de suspension oléo-pneumatique Lift-control “permettant au groupe de fauche de suivre les dénivelés du terrain”.
Enfin arrêt chez Vicon (groupe Kverneland) pour voir le système de conditionnement HPC en démonstration. Composé de deux rouleaux, l’un de type «brosse balayeuse» car équipé de brins en nylon, l’autre en métal, il conditionne le fourrage en le piquant avec les brins nylon, de manière à enlever le vernis de la feuille pour que l’air y pénètre. Le fourrage est ensuite dispersé au sol par un rotor. “Les feuilles de légumineuses restent ainsi accrochées sur la tige, et on gagne un passage de faneuse, explique-t-on chez Vicon. Ce système, développé il y a dix ans, mais alors 30 à 40% plus élevés en terme de tarif que les faucheuses conventionnelles, est sur le point de pénétrer le marché car l’écart de prix n’est plus que de 10%”.
Côté faneuses, on trouve chez Kuhn la semi-portée GF 10601 TO, travaillant sur 10,6 m de large grâce à 10 rotors. La marque expose aussi de nouveaux giro-andaineurs : “Le GA 6522, à double rotor à dépose latérale, travaille sur 6,5 m avec deux andains ; le GA 8521, birotor à andains centraux, travaille sur 8,5 m”, explique Denis Delcey.
Six balles de foin en une
John Deere présente sa presse-enrubanneuse 678, équipée du TT system. “Pour économiser film et filet, la chambre presse avec un maximum de densité, explique Philippe Deguin. Elle dispose pour cela de rouleaux en acier entiers et d’une double chambre de pressage pour protéger les roulements des jus. Lorsque la balle est terminée, la table de transport (TT) assure automatiquement l’enrubannage. Lorsqu’un film va être vide, la table tourne plus lentement de manière à finir les deux rouleaux en même temps : grâce à ce
système breveté, l’agriculteur ne descend qu’une fois pour changer les deux rouleaux en même temps, gagnant du temps”.
Chez Claas, le système d’enrubannage Uniwrap avec option vire-balle «permet d’enrubanner en même temps que la balle se forme dans la presse, de sorte que le débit de chantier est le même que celui d’une presse normale, explique François-Régis Mathieu. Le vire-balle fait tomber la balle enrubannée sur le fût, parce que c’est là qu’il y a le plus de film pour une meilleure protection, et que cela facilite la reprise par une pince».
Exclusivité de chez Krone, la presse Multiballe présente la particularité de permettre de presser jusqu’à six petites balles de foin, de 0,40 à 1,1 m, regroupées dans une grande balle carrée. “L’objectif est de faciliter la reprise du fourrage, c’est particulièrement intéressant dans les anciennes étables ou pour les chevaux, explique Benoît Husson. L’utilisateur règle le nombre de balles et leur dimension comme il veut”.
Enfin, sur le pôle technique “récolte et conservation”, Gildas Cabon d’Arvalis-Institut du Végétal faisait le tour des méthodes de stockage de l’herbe.
Catherine Regnard