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Actualité du 10 juin 2005

Production bovine, porcine et équine

Franche-Comté Elevage : vigilant face à l'avenir
Vigilance et pragmatisme animent les responsables de Franche-Comté Elevage comme ont pu le constater les adhérents de cette coopérative lors de l’assemblée générale.

L’assemblée générale de la coopérative Franc-Comtoise Franche-Comté Elevage s’est tenue jeudi dernier, en Haute-Saône, à Vellefaux, là où se trouve le tout nouveau centre d’allotement de la coopérative. D’ailleurs, cette assemblée s’est conclue par l’inauguration de ce bâtiment flambant neuf et pour cette raison s’est déroulée au pas de charge.
Néanmoins, les adhérents ont eu le temps nécessaire pour prendre connaissance des comptes et des bilans d’activité de leur coopérative présentés par G. Marchal. Globalement les volumes 2004 sont en baisse de près de 3000 têtes pour l’activité bovine et veaux mais les cours sont à la hausse. La collecte de vaches de réforme reste importante avec 15256 vaches cette année. La démarche engagée avec Carrefour baptisée “montbéliarde qualité” existe toujours mais fonctionne plus difficilement. “Le consommateur a vu le risque ESB écarté, il réalise ses achats non plus en fonction de l’origine mais du prix. Un comportement qui aiguise la concurrence au sein de la Distribution”.
L’activité taurillon reste stable, mais la production est moins spécialisée, elle est devenue complémentaire à la production laitière essentiellement.
Pour ce qui est du marché des veaux sevrés, il est resté ferme et affiche même une légère hausse. Ce marché trouve ses débouchés dans les régions de l’Ouest tout comme les veaux de 8 jours.
Quant à la production équine, elle est marginale, a concerné 538 animaux, essentiellement exportés sur l’Italie “la distribution préfère proposer aux consommateurs une viande plus rouge, venue d’ailleurs”, précise le directeur de la coopérative. Et quand l’inquiétude s’éloigne, le consommateur qui s’était tourné vers la viande de cheval la délaisse au profit de la viande bovine.
Pour ce qui est des porcs, “une production qui souffre et qui a du mal de sortir de la crise” leur nombre est en hausse pour atteindre 179 024 animaux abattus dont 44% proviennent du Doubs, 12% de Haute-Saône, 8% du Jura, le reste est issu des régions périphériques. Reste que le coût de revient au kilo est de 1,37E pour un porc franc-comtois. Ce chiffre est supérieur à la moyenne nationale qui se situe à 1,30E/kg et donc pénalise les producteurs. Quant aux porcs de montagne, il manque des maternités implantées en montagne pour développer cette production inscrite dans une démarche qualité. Franche-Comté Elevage est le principal fournisseur des salaisonniers régionaux. L’activité “porc” représente un tiers des 22 millions d’euros de chiffre d’affaires du groupe FCE qui emploie 120 personnes.

Activité régionale

Travaillant avec 8 abattoirs nationaux, ayant des participations dans différentes structures, les responsables de Franche-Comté élevage sont très attentifs à l’évolution économique des marchés dans lesquels ils œuvrent. Ainsi, face aux difficultés du groupe Arcadie, les responsables restent prudents et toutes les mesures comptables ont été prises pour limiter les risques. Néanmoins, pour Christophe Jacquin, président, l’ensemble de la filière des producteurs et pas seulement les groupements de producteurs vont devoir se mettre autour d’une table rapidement pour travailler sur le devenir de la production régionale et sur la pérennisation de l’abattoir de Besançon conçu pour traiter 20.000 T par an et qui actuellement est en sous réalisation. “L’activité de Besançon est partagée entre l’entreprise Belot et Arcadie. Arcadie n’est que chevillard mais pas un industriel de la viande et c’est la raison pour laquelle il connaît des difficultés. Sans cet utilisateur le site est condamné. Notre rôle de producteurs est de faire des choix, peut-être avons-nous un virage à prendre en nous réappropriant les outils”. La réflexion est lancée, le débat doit prendre forme. En attendant le groupement de producteurs continue à investir pour maintenir ses marges, commercialiser au mieux les animaux. Le nouveau site d’allotement de Vellefaux va lui conférer une dimension plus grande et sera le vecteur d’une agriculture et d’une filière qui avance, s’adapte, génère une économie.


C. Darosey

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