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Actualité du 3 juin 2005

Essai de broyage de jachère

L'axe horizontal plus à l'aise en conditions denses
Pour broyer une jachère de type prairial (mélange graminées et légumineuses) les broyeurs à axe horizontal sont plus performants que ceux à axe vertical, d’autant plus si la couverture végétale est dense. C’est ce qui ressort de l’essai conduit à Maynal par la FDCuma du Jura.

Les 18 et 19 mai derniers, la FDCuma du Jura organisait à Maynal un essai comparatif de broyeurs de jachère, avec la collaboration de la FRCuma et l’appui logistique des lycées agricoles de Vesoul et de Cassin. "Cet essai avait pour objectif de voir si on arrivait à trouver des matériels qui travaillent plus vite, notamment du côté des broyeurs à axe vertical", explique Didier Jasinski, animateur de la FDCuma. "La problématique actuelle, c’est d’abord le déplacement sur routes, avec une largeur maximale à ne pas dépasser. Pour les broyeurs à axe horizontal, il faut dételer et soit utiliser un porte engin, soit tourner le broyeur pour le transport en long : ce sont des manipulations qui prennent du temps". La jachère, culture par définition improductive, ne devrait pas générer de coûts d’entretien supérieurs à l’aide compensatoire octroyée. Or le broyage constitue une obligation réglementaire. "Pour peser le coût du broyage, il faut compter l’amortissement du broyeur – avec une augmentation des prix d’achat – l’entretien, le chauffeur et le tracteur. Cet essai avait donc pour but de trouver le meilleur compromis". Dans les exploitations de polyculture élevage, majoritaires dans la région, les broyeurs peuvent également être valorisés pour éliminer les refus dans les pâtures.

Surprenants résultats

Initialement, les organisateurs de l’essai avaient prévu d’effectuer les essais à deux vitesses différentes, 5 km/h et 10 km/h, avec un régime moteur à 1.000 tours par minute, afin de comparer les puissances absorbées (liées à la consommation de carburant), ainsi que la qualité de coupe et de broyage. Un capteur sur la prise de force permettait de mesurer ponctuellement le couple, et d’en déduire cette fameuse puissance absorbée. Quatre constructeurs ont accepté de jouer le jeu. Côté axe horizontal Kuhn avec un Rm 320 et Desvoys avec son 480 (modèle poussé, monté sur une prise de force à l’avant du tracteur). Pour les axes verticaux : Schulte et son modèle 457, ainsi que Suire. "Ces constructeurs représentent une bonne partie du marché des broyeurs en Cuma", précise Didier Jasinski. La grande surprise des essais conduits, c’est que contrairement à toutes les attentes, les broyeurs à axe vertical ont peiné dans le couvert dense. "Nous ne sommes même pas arrivés à tenir les 5 km/h dans la partie la plus dense, avec beaucoup de trèfle", explique Guillaume Tardivon, conseiller machinisme de la FRCuma. "Le Schulte 457 à 3,3 km/h absorbait en moyenne 105 chevaux : si on extrapole à 5 km/h, il aurait absorbé 160 chevaux !" Plus question dans ces conditions d’envisager l’essai initial à 10km/h. "Nous avions résolument choisi de faire fonctionner ces matériels avec des tracteurs de puissance moyenne, comme on en trouve dans les exploitations de polyculture-élevage du département". En fait de gain de temps, "c’est le constat inverse que nous avons fait : les broyeurs à axe vertical sont plus lents dans les conditions où nous les avons testés", explique Didier Jasinski.

Qualité du travail

Autre intérêt de ce test, comparer la qualité du travail effectué. "On attend d’un broyeur d’une part sa facilité de mise en route et de réglage, mais aussi l’homogénéité des brins coupés, que l’on souhaite le plus courts possible, et répartis de manière égale sur toute la largeur de passage", poursuit l’animateur de la FDCuma. L’intérêt de cette finesse de broyage et de l’homogénéité de répartition réside bien entendu dans la décomposition de cette matière verte, que l’on souhaite rapide et égale sur toute la parcelle. "Nous regardons aussi ce qui se passe au niveau du passage des roues. Les constructeurs ont énormément progressé sur la conception, avec des systèmes qui aspirent littéralement l’herbe avant de la hacher entre les lames et les contre-couteaux avant d’expulser l’herbe par soufflage". Pour cet objectif de qualité du broyage, il est à noter que les performances des quatre broyeurs essayés sont relativement proches, avec une mention spéciale pour le Desvoys. "C’est une véritable tondeuse à gazon !", s’enthousiasmait Guillaume Tardivon. Performances proches pour les broyeurs à axe vertical "à condition de travailler à vitesse réduite, précise tout de même Didier Jasinski, car sinon on peut constater un andainage". En effet, la matière végétale en tas se dégrade mal et empêche un redémarrage rapide de la végétation.
Pour tous ces matériels, le constat est le même : plus on broie près du sol et plus le broyage est homogène. Mais le risque est alors d’abîmer très rapidement les parties mobiles. Quand à la vitesse d’avancement des broyeurs à axe horizontal, on pourrait être tenté de la pousser un peu, quand la puissance du tracteur n’est pas le facteur limitant. Le conseiller FDCuma met en garde contre ce type de pratique "Avec un broyeur de 3 m. comme le Kuhn on peut fusiller très vite un jeu de courroies : c’est la transmission qui souffre, la courroie trapézoïdale qui lâche". Le concept Desvoy est une solution intéressante pour éviter les traces de roues et permet de travailler plus vite. "Le relevage avant commence à se démocratiser, mais la prise de force à l’avant est moins répandue, note toutefois Didier Jasinski. Individuellement, ce n’est pas un investissement forcément rentable, à moins de pratiquer l’affouragement en vert du troupeau. En tout cas, c’est à bien réfléchir".
"J’ai l’impression que les broyeurs à axe vertical sont davantage adaptés à des couverts de type colza ou moutarde, semés à faible densité : on a alors des tiges plus épaisses et cassantes, mais moins de densité. C’est dans ces conditions que l’on peut atteindre les 10-12 km/h annoncées par les constructeurs", tempère Didier Jasinski, pour expliquer les performances en retrait des broyeurs à axe vertical. "Ce type de matériels peut aussi intéresser les céréaliers qui ne moissonnent que les épis. Mais dans notre secteur où l’élevage est important, la paille est en général moissonnée".


Alexandre Coronel

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