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Actualité du 4 Mars 2005

Fédération Régionale du prix du lait

Concertation autour du prix du lait
Bien que la négociation nationale sur le prix du lait a débouché sur une baisse, les transformateurs semblent insatisfaits. Ils souhaitent remettre en cause les bonifications liées à la qualité. Pour les producteurs du Grand-Est réunis à Dijon, c’est inacceptable. Toutefois, ils restent offensifs et constructifs.

Deux ans que cela dure, et ça commence à faire beaucoup! Voilà, en substance, dans quel état d'esprit se trouvaient les producteurs laitiers de plusieurs départements, réunis à Dijon vendredi 25 février, à l'appel de la Fédération régionale des producteurs de lait de la région grand-est. Depuis deux ans, les accords conclus sur les prix payés aux producteurs sont sans cesse attaqués, fragilisés, voire carrément remis en cause par les industriels de la transformation. Pour Martial Marguet, vice-président de la FNPL et producteur dans le Doubs, cette attitude découle du fait que ces entreprises se sont laissé entraîner dans une course à la baisse dévastatrice, par la grande distribution.
Le dernier accord survenu entre la profession et les transformateurs est pourtant très récent puisqu'il remonte au 25 janvier dernier. Au terme d'ultimes négociations, il avait alors été convenu que le prix du lait serait revu à la baisse de 4,55 euros /1000 litres durant le 1er trimestre puis à nouveau de 4 euros pour le second trimestre. "Un accord qui nous demandait des efforts mais qui demeurait acceptable" précise Martial Marguet. Pourtant, aujourd'hui, ces mêmes transformateurs ciblent plus particulièrement les laitiers du grand-Est afin d'obtenir une nouvelle baisse de 25% sur deux critères précis : sur les grammes de matière grasse, un critère spécifique lié à l'exigence de qualité des laits produits dans nos régions et également sur les primes de contrôle laitier qui avaient amené les producteurs à multiplier les efforts afin de proposer aux transformateurs une meilleure courbe de production sur une année, à qualité constante.

La qualité sanctionnée

Ce sont donc là deux traductions de la capacité des producteurs à faire un lait de qualité qui se trouvent sanctionnées. Ces critères devraient, au contraire, garantir le paiement d'un prix correct, comme juste rétribution des efforts et des investissements fournis. Il n'en est rien et on comprend, dès lors, la réaction épidermique des laitiers. Ils se sont clairement exprimés lors d'une conférence de presse qui a suivi la réunion de Dijon, dans le but de prendre le grand public à témoin du jeu dangereux auquel on les soumet.
Comme le précisait Martial Marguet "notre volonté n'est pas de casser le principe de l'accord du 25 janvier, mais de faire des propositions, notamment sur la qualité du lait que l'on peut livrer. Mais il faut impérativement sauver le prix de base. Par ailleurs, nous voulons dénoncer l'attitude des transformateurs après une baisse qu'eux-mêmes ont consenti à la grande distribution. C'est d'autant plus inacceptable que cette grande distribution nous impose déjà des critères d'écoconditionnalité. Les transformateurs se sont fourvoyés dans un système à la baisse qui est d'autant plus rageant qu'il y a parmi eux des coopérateurs". Les producteurs laitiers ne veulent pas vivre ce que d'autres productions agricoles ont connu ces dernières années, avec des prix aux producteurs en baisse, sans que le consommateur n'en profite pour autant, à l'autre bout de la chaîne. Lors de la conférence de presse, les représentants de la FRPL rappelaient en conclusion que le maintien de producteurs laitiers est aussi un enjeu d'aménagement des territoires ruraux, leur soutien relève de choix politiques forts. En France, un producteur de lait sur deux ne gagne pas le SMIC...


Berty Robert

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