Plusieurs milliers d’éleveurs, venus de toute la France et de l’étranger, ont assisté le 2 février dernier à l’exposition Umotest 2005, qui se tenait à Besançon Micropolis. Un succès, pour Denis Clément, président de l’union. "C’est réussi ! L’exposition est toujours un moment fort pour les éleveurs, un moment qui permet de se faire une idée précise des taureaux qui sont dans le catalogue. La qualité de la présentation s’améliore d’année en année. Et cette fois nous avons eu droit à un lot vraiment exceptionnel de filles des taureaux de service. Les objectifs de promotion de la race montbéliarde et de la génétique Umotest - dont le show constitue une vitrine – sont atteints, aussi bien pour les éleveurs français que pour les délégations étrangères". L’exposition est aussi un moyen de prendre la température du monde de l’élevage. "Les bons résultats de la vente aux enchères nous montrent que les gens ont retrouvé le moral, et croient encore en leur métier" poursuit Denis Clément.
Au programme, la présentation des descendances de taureau d’un cru 2004 particulièrement généreux. Trois fils d’Ezozo : Osmium, Ostinato et Prolifère. Pas moins de six fils de Faucon : Ollia, Ortler, Orsted, Oxalin, Oxbow et Oyama. Sans oublier les huit Gardian : Odislait, Oriel, Ova, Oléoduc, Olof, Opont, Orcival, Ovibos. L’équipe de Rhône-Alpes a d’ailleurs retracé le parcours exceptionnel du taureau Gardian, depuis son indexation en 98 à 161 points d’ISU à aujourd’hui, où l’on connaît les performances de production de 18.500 de ses filles (10.000 ont été pointées en morphologie) et où il continue de se maintenir en haut de l’affiche, avec 140 points d’ISU.
"En sept ans, ce taureau a montré une stabilité exceptionnelle. C’est de loin le meilleur Tibet. 74 de ses fils ont été testés et il détient un record de rendement, avec 30% d’agréments, contre 20% en moyenne" précisait Nicole Bloc. Et cerise sur le gâteau, Lecuyer, un fils de Verglas.
Des taureaux améliorateurs dans chaque axe
"26 taureaux ont été agréés en juin dernier, à 137 points d’Isu en moyenne et 80% des taureaux du top 20 sont des taureaux Umotest", expliquait Gilles Mervant, responsable du schéma de sélection d’Umotest, avant de détailler chaque axe de sélection : taureaux améliorateurs de la mamelle comme Ova, Oxalin
et Oriel. "Pour continuer d’améliorer ce poste où nous avons
progressé de plus de 10 points en 10 ans". Taureaux à morphologie comme Ollia et Odislait "pour améliorer les aplombs, la qualité d’ingestion… mais aussi pour le plaisir d’avoir de belles vaches". Taureaux améliorateurs de la valeur bouchère, comme Osmium ou Oxbow… Taureaux à taux, en adéquation avec la vocation fromagère de la race, tels Olia, Mohaire, Ovibos, Oxbow… : "En dix ans nous avons gagné un gramme de protéine ! Et le typage de la kappa-caséine permet désormais de garantir le rendement fromager" poursuivait le technicien, avant de parler des taureaux laitiers, dont Oyama (+1.006 kg), ou Odislait (+1.123 kg) "N’oublions pas que la matière utile est liée au potentiel de production. La race a progressé de 800 kg en 10 ans, grâce à Tartars, Bois Levin, Jazana, Ibidem…". Le sixième axe, c’est la préservation de la variabilité génétique dans la race : le sauvetage de la lignée Novac, de la lignée Toni… Enfin, le dernier point, c’est la fonctionnalité : "une qualité primordiale pour la rentabilité des vaches dans les élevages, à travers les caractères fonctionnels que sont la résistance aux mammites (directement en lien avec le paiement du lait), la fertilité pour atteindre l’objectif d’un veau par vache et par an, et enfin la longévité, qui permet d’amortir le coût d’élevage de la génisse sur une carrière longue".
C’est à un collège de trois juges éleveurs qu’est revenu la désignation de la championne. Pour la France, Emmanuel Donnet, éleveur en Gaec en Saône et Loire. A ses côtés, un éleveur suisse du canton de Berne, Karl Garlenz : 25 ha, 225.000 l de quotas et des vaches Red’holstein. C’est une bonne fille de Tartars qui a convaincu l’éleveur des qualités de la montbéliarde. Enfin, Gérald Aichinger, autrichien et dirigeant de trois structures laitières de grande taille (11 millions de litres de quota en tout !), dont un troupeau de 400 montbéliardes. Dans chaque lot de filles de testage présentées, les juges choisissaient la meilleure. "C’est une lourde tâche que de départager ces douze vaches pleines de qualités", reconnaissait Emmanuel Donnet, avant de désigner Réjouie (Ollia sur Emagny), à l’Earl Jacques Grosjean de Domprel dans le Doubs comme championne de testage. "Elle a beaucoup de profondeur. Même si sa ligne de dessus n’est pas rectiligne, nous l’avons choisie pour ses autres qualités : qualité des aplombs, de bassin… mais sa qualité principale, c’est la mamelle : attache avant très longue, attache arrière très large, bonne irrigation et trayons de forme respectable très bien implantés". Ollia, indexé à 149 en ISU, parmi les meilleurs fils de Faucon n’est pas un taureau "spécialiste de la mamelle"
(97 sur ce poste). Ses points forts sont sans conteste les taux (+3,4 en TP et +1,6 en TB), le format (128 en taille, 136 en corps).
Les juges ont également désigné une championne de réserve. Il s’agit de Renoncule (Osmium sur Cantadou), de l’Earl du Pain de Beurre à Longechaux, toujours dans le Doubs. "Un bon gabarit, de très bons aplombs, un bassin très bien dimensionné. Là aussi, nous avons une belle mamelle, avec des trayons de bonne dimension. C’est une mamelle qui sent la longévité".
Réunion, grande championne de la journée
En fin d’après-midi, après une présentation de haut niveau de la gamme Umotest, à travers les filles d’Ibidem, Induvi, Jazana, Jal… les juges ont désigné la grande championne de la journée. Réunion (Isangrin sur Canari) au Gaec de l’Oiselot à Aboncourt Gésincourt en Haute-Saône a remporté le titre. "C’est une très très belle vache : avec un très bon développement corporel, une immense profondeur de flanc, gage de transformation de grandes quantités de fourrages. Ses aplombs secs, ses pâturons solides, son bassin très bien établi donnent une grande impression de solidité : pérennité et longévité. La mamelle est solide, très bien irriguée, soutenue par de très bonnes attaches. Les trayons sont bien implantés… et en plus, elle a du cachet" expliquait Emmanuel Donnet. Ajoutons que la championne du jour a produit 7.700 kg à 39,5 de taux azoté en première lactation.
Alexandre Coronel,
photos Dominique Gouhenant