L’assemblée générale de la section départementale des anciens exploitants de Haute-Saône est toujours un moment important pour les adhérents. L’assemblée 2004 n’aura pas dérogé à cette tradition puisque la salle de Scey-sur-Saône a accueilli près de 150 retraités agricoles vendredi dernier.
René Manteaux a rappelé les différents acquis syndicaux dont la fameuse mensualisation des retraites agricoles, longtemps réclamée. Donc depuis le 1er janvier, les retraites agricoles tombent chaque mois sans qu’il y ait eu de souci majeur hormis le coût de l’opération : 1,3 milliard d’euros. Le député, Michel Raison a indiqué qu’un risque d’imposition était lié au versement mensuel des retraites compte tenu du décalage des versements. “Aussi, la loi de finance défiscalisera les deux mois de décalage”.
En outre, en ce qui concerne la retraite complémentaire obligatoire (RCO) elle a provoqué davantage d’insatisfaction et de réclamation. Ceux qui la touchent, n’ayant jamais cotisé, elle a été calculée afin que les retraites des agriculteurs à temps complet arrivent à 75% du Smic. Pour se maintenir à ces 75%, la RCO sera indexée sur le SMIC de l’année, donc révisée comme les retraites. Sur ce dossier, Michel Raison a rappelé que pour bénéficier de cette RCO il fallait avoir réellement cotisé.
Pour ce qui est de la pension de réversion, chaque cas est un cas particulier notamment pour les mulltipensionnés. Aussi, pour tous les cas tangibles le président départemental a invité les retraités agricoles à adresser une demande auprès de la Commission de Recours Amiable de la MSA. “Nous nous battons pour un minimum d’aisance matérielle pour tout retraité. Le niveau de pouvoir d’achat détermine un état de liberté : celle d’épargner, d’acheter, de choisir des produits, de profiter de la société des loisirs” a rappelé René Manteaux.
Section et cotisation
Quant à l’activité de la section départementale des anciens exploitants de Haute-Saône, elle est toujours aussi dynamique : rythmée entre revendication syndicale et convivialité. Mais la force de la section : c’est son nombre d’adhérents. “À ceux qui se demandent s’ils veulent cotiser ou non, qui se disent que dans tous les cas ils profiteront des fruits de nos actions syndicales, il faut leur dire que le nombre des adhérents au sein des sections de toute la France a été un poids énorme pour faire pencher la balance du bon côté. C’est si vrai que d’autres corporations nous envient notre organisation”. Et d’ajouter “Nous maintiendrons nos effectifs d’adhérents si nous savons nous orienter vers d’autres objectifs et vers un rajeunissement des responsables, savoir laisser la place, après avoir milité un certain temps, à des jeunes retraités marqués par le syndicalisme dans leur vie active : ça, c’est important”.
Paul Villot, voisin de Bourgogne, “le syndical de l’étape”, n’a pas manqué d’inciter les retraités à rester actifs au sein des sections compte tenu des évolutions chez les actifs et qui peuvent toucher au statut du fermage, aux droits à produire marchands. Gérôme Broutchoux, président des JA a toutefois demandé aux retraités que les cessions de droits à paiement unique (DPU) à venir, ne soient pas un moyen d’augmenter les retraites.
Par ailleurs, Paul Villot a encouragé tous les retraités à voter lors des prochaines élections MSA, pour que la profession reste reconnue et pour donner du poids au régime spécifique agricole. Même propos de la part du député pour qui “La MSA est bien aussi performante que les autres systèmes de couverture de santé et dont la force et la particularité sont la proximité et des actions sanitaires et sociales de terrain efficaces”.
Et au cours des réunions intercantonales organisées prochainement par la SDAE, les élections MSA seront largement évoquées.
Quant au financement des retraites agricoles par les taxes sur le tabac évoqué par le président des Jeunes Agriculteurs 70, le député Raison a démenti.
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