Aucune nouvelle molécule ne vient enrichir la panoplie des solutions disponibles pour désherber les céréales à paille d’hiver. Néanmoins, cette campagne 2004-2005 est la première campagne où la nouvelle réglementation sur les urées substituées s’applique intégralement. Rappelons que les doses sont maintenant limitées à 1.200g
d’isoproturon et à 1.800g de chlortoluron par an. De plus, une seule application par campagne de l’une ou l’autre de ces deux molécules n’est autorisée. De ce fait, tout mélange qui associerait les deux molécules se trouve interdit. Dans ce contexte, le désherbage des céréales à paille d’hiver devient encore plus pointu, mais il garde le même objectif : 100% d’efficacité à la fin de la campagne. Pour atteindre cet objectif, il est plus sage de recommander d’attaquer dès l’automne lorsqu’on risque d’être en présence de fortes infestations de vulpins et/ou de ray-grass.
Les urées restent, quitte à les renforcer
Dans ce contexte de baisses de doses des urées substituées, celles-ci peuvent se trouver en difficultés, et ce tout particulièrement dès lors que la teneur en argile sur sol est relativement importante, et/ou que le stade des adventices augmente. De ce fait, l’isoproturon ou le chlortoluron seront utilisés à des stades les plus précoces possibles. Traiter au stade 2 feuilles plutôt que début tallage permet généralement dans les expérimentations mises en place par Arvalis - Institut du végétal de gagner quelques points d’efficacités et de lever une concurrence précoce. Néanmoins, on n’oubliera pas que les conditions climatiques au moment du traitement sont fondamentales sur ce type d’intervention et en particulier l’humidité du sol doit être suffisante.
D’autre part, il peut s’avérer très pertinent de renforcer les urées substituées. Par exemple, associer l’isoproturon avec de la pendiméthaline ou du diflufénicanil, voire les deux, permet d’augmenter l’efficacité de l’isoproturon seul, de 20 à 25% sur vulpins, comme observé dans une synthèse de 8 essais Arvalis 2004, sous réserve de positionner ce traitement relativement tôt. Bien entendu, ces associations se feront dans le respect des mélanges autorisés, consultables sur le site internet www.arvalisinstitutduvegetal.fr. Sachez néanmoins que de nombreuses associations de spécialités commerciales d’isoproturon avec des produits type Quartz, Quetzal ou encore Celtic, par exemple, sont autorisés.
Alterner les programmes
Si les urées restent une bonne base dans une stratégie programme, elles ne sont pas les seules. Ainsi en programme, différentes stratégies sont envisageables : urées à l’automne suivies de sulfonylurées ou de produits foliaires au printemps, mais aussi pourquoi ne pas attaquer avec des produits foliaires à l’automne, type Celio, Illoxan… pour revenir avec des sulfonylurées au printemps, telles que Atlantis, Archipel, Attribut. Ce choix devra se faire en connaissance de la résistance éventuelle déjà acquise par la parcelle, mais aussi en fonction du risque d’apparition de cette résistance liée à l’historique de la parcelle. L’absence de nouvelle molécule de désherbage sur le marché ne doit que nous inciter à tout faire pour conserver l’efficacité de celles qui sont à notre disposition et en particulier vis-à-vis de la famille des sulfonylurées. Et pour cela, toujours le même conseil : alterner les familles utilisées.
L. Pelce – N. Bigonneau, ARVALIS – Institut du végétal
Bourgogne – France Comté
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