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Actualité du 10 septembre 2004

Circulation des tracteurs et machines agricole

Des dispositions inacceptables
Le ministère des Transports a publié le 21 mars dernier au Journal officiel un arrêté sur "la circulation des engins ou véhicules présentant un caractère exceptionnel en raison de leurs dimensions ou de leur masse". Le moins que l’on puisse dire est que ce texte impose des contraintes excessives et inacceptables aux agriculteurs.


Désormais les tracteurs et les machines agricoles dépassant 2,55 m de large ou la partie médiane de la chaussée doivent être systématiquement accompagnés par une voiture pilote et identifiés comme convoi exceptionnel. Il s’agit là de l’une des principales mesures exigée par un nouvel arrêté publié au journal officiel du 21 mars 2004 et dont toutes les dispositions doivent être précisées et complétées par des arrêtés préfectoraux dans chaque département. Une mesure que Michel Masson, président du Bureau commun du machinisme agricole (BCMA) et membre du bureau de la FNSEA juge excessive. "Les agriculteurs sont souvent seuls sur leur exploitation, il est difficile pour eux de trouver quelqu’un pour conduire une voiture pilote. D’ailleurs, les tracteurs et machines agricoles sont équipés d’un gyrophare qui est suffisant jusqu’à trois mètres de large. Aussi nous demandons que le véhicule pilote et la signalisation de convoi exceptionnel soient imposés au-delà d’une largeur de 3 mètres" explique-t-il. Pire, les véhicules pilotes doivent être de couleur jaune, selon l’arrêté. "Pas question que le véhicule pilote soit de couleur jaune, rétorque Michel Masson. Le véhicule pilote doit être une camionnette ou une voiture particulière sur laquelle est installée la signalisation des convois exceptionnels. Les agriculteurs ne sont pas des professionnels du transport exceptionnel" martèle-t-il.
La série des contraintes ne s’arrête pas là. Ainsi il est désormais exigé que les chauffeurs suivent une formation de conducteurs de voiture pilote. "Nous refusons de suivre cette formation coûteuse qui sera une charge supplémentaire pour les agriculteurs" insiste le président du BCMA d’autant plus que les structures du ministère des Transports sont dans l’incapacité de former en six mois 300.000 agriculteurs.

Mauvaises surprises

L’arrêté impose également une voiture pilote par machine. Le BCMA préférerait que l’on en reste à une voiture pilote par groupe de machines car "il est déjà très difficile de trouver de la main-d’œuvre sur les exploitations".
Le texte cache aussi d’autres mauvaises surprises comme l’obligation pour un véhicule de se déplacer uniquement à l’intérieur d’un département et des départements limitrophes et surtout l’interdiction pour les engins agricoles de se déplacer les week-ends et les jours féries. Comme si l’activité agricole pouvait être suspendue au calendrier, surtout en période de gros travaux. Sans parler des éleveurs qui utilisent des machines d’affouragement au quotidien et qui ont besoin de circuler tous les jours car les animaux doivent être nourris. Il est hors de question pour les agriculteurs d’accepter cette disposition excessivement contraignante et coûteuse, estime Michel Masson.

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