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Actualité du 10 septembre 2004

FNPL

Prix du lait : on a évité le pire
L’accord du prix du lait négocié jeudi soir permet d’échapper au pire : les transformateurs proposaient, dès le début des négociations, une baisse de
18 E/1000L... Finalement on limite la perte à 1.800E contre 3.600E pour une exploitation moyenne de Haute-Saône.


Tandis que les actions syndicales se multipliaient dans toute la France et notamment en Haute-Saône où s’organisaient les premiers blocages de camions de lait, jeudi 2 septembre, tard dans la soirée, les présidents des trois fédérations FNIL, FNPL, FNCL ont trouvé un terrain d’entente concernant le prix de base du lait du 2ème semestre 2004.
Depuis le 19 août, les producteurs répondant à l’appel de la FNPL s’étaient mobilisés notamment dans l’Ouest de la France. Actions qui se sont rapidement étendues au reste du pays se traduisant par des blocages d’usines, des actions de sensibilisation auprès des consommateurs ou bien encore des blocages de camions de ramassage.
En début d’année, les transformateurs réclamaient une baisse de l’ordre de - 18 euros/1000 litres. Finalement, la baisse sera en réalité de - 9 euros pour 1000 litres.
La détermination syndicale des producteurs de lait a donc payé. C’est quoi qu’on en dise une perte moitié moins importante que prévue et pour un producteur moyen détenant environ 200.000 litres de lait, c’est 1.800 euros de gagné ou 2,5 millions d’euros pour le département de la Haute-Saône.
Cette baisse sera compensée par l’aide européenne dont le montant a été fixé à 12,16 euros/1000 litres en 2004 et qui devrait être versée aux producteurs le 18 octobre prochain.
Pour la FNPL, cet accord n’amène pas à pousser des cris de joie. Néanmoins, c’est un accord équilibré et durable. Le pire a été évité, c’est-à-dire le glissage injustifié des prix et la fixation unilatérale imposée par les transformateurs.
Producteurs et transformateurs sont non seulement parvenus à un accord de prix pour le second semestre mais se sont également entendus sur de nouvelles modalités de fixations du prix du lait pour les années à venir. En effet, rappelons que l’accord de 1997, appelé modal prix, qui donnait un cadre aux négociations de prix du lait a été dénoncé et n’est plus d’actualité depuis le 1er janvier de cette année. L’objectif de l’Interprofession était donc de trouver de nouvelles règles.

Nouveaux critères pour 2005

Désormais l’évolution du prix des matières premières, beurre et de la poudre ne sera plus lissée dans l’établissement de l’index. Les variations de cours à la baisse comme à la hausse seront prises en compte intégralement.
Le compromis prévoit également la négociation d’un ajustement lié au marché des produits de grande consommation écoulés en France et négocié chaque semestre.
Principales nouveautés dans l’établissement de l’index : l’introduction d’un élément de différentiel de compétitivité entre la France et l’Allemagne. Sa prise en compte interviendra au-delà d’une franchise de plus ou moins 4 euros/1000 litres de décalage entre les prix moyens français et allemands. Ainsi que la mise en place d’un critère de flexibilité additionnelle des entreprises plutôt spécialisées dans la fabrication de poudre et de beurre qui valorisent moins bien la matière première.
Pour Michel Daguenet, “Ces dernières négociations m’ont rappelé celles de 1997. Beaucoup de producteurs étaient convaincus de la baisse, les plus sceptiques pensaient qu’il fallait accepter les propositions des transformateurs. D’autres au contraire, s’opposaient, résistaient et ont même montré leur capacité à se rassembler même pendant les périodes de gros travaux. Les entreprises ont donc été amenées à composer. Il faut dire que durant le mois d’août, la production est restée faible, le prix du lait spot élevé et les transformateurs étaient donc moins déterminés.
Il ne s’agit pas d’une victoire, l’année 2005 nous réserve sans doute des difficultés d’autant plus que l’aide compensatoire sera plus importante et que la tentation des transformateurs à récupérer cette aide laitière sera grande”.
Pour le président de la FDPL, Emmanuel Aebischer, “cet accord permet d’avoir une fixation du prix du lait pour 6 mois, on finit à -9 en moyenne. Ceci ne peut pas être considéré comme une victoire syndicale mais nous pouvons nous satisfaire du résultat qui nous permet d’éviter le pire puisque la proposition initiale des transformateurs était en moyenne tout de même de -18 E/1000L pour chaque mois de l’année. On remet en route des critères de fixation de prix du lait dont la base reste l’accord de 97 mais auquel s’appliqueront de nouveaux indicateurs. Malgré tout, la pression syndicale doit rester de rigueur puisque c’est la première année de réforme de la Pac, la tentation des transformateurs de capturer la prime laitière sera plus forte. Mais le revenu du lait doit se faire par le prix”.


Isabelle Mougin

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