Depuis maintenant quelques mois, l’Union européenne s’est "élargie" avec 10 nouveaux pays membres et l’éloignement des frontières a entraîné ces dernières semaines l’arrivée massive de bovins étrangers appelés "animaux échangés" (mouvements au sein de l’Union) essentiellement en provenance de Pologne et de République Tchèque.
En effet, sur les seuls mois de juillet et août 2004, près de 500 animaux ont foulé le sol haut-saônois et seulement une petite moitié d’entre eux ont ensuite intégré des ateliers d’engraissement dérogataires (ateliers sous ASDA jaunes dont la destination finale est la boucherie).
Les autres ont été introduits dans des cheptels "non dérogataires" mettant ainsi en péril les garanties sanitaires additionnelles telles que l’appellation IBR de ces cheptels.
A signaler tout de même que lors du contrôle d’introduction dans ces cheptels, 19% des bovins étrangers introduits ont présenté un résultat positif en IBR !
Enjeu économique et intérêt sanitaire : pas bon ménage
La plupart des animaux concernés par ces échanges sont de jeunes bovins que les éleveurs souhaitent engraisser rapidement, le temps d’une prime… mais sanitairement, l’intérêt est bien moins réjouissant.
Lors de ces échanges, ces animaux circulent avec des documents d’identification mais sans ASDA individuelles vertes car ce dernier document est spécifique au système français. Ils voyagent néanmoins avec un certificat sanitaire délivré par les autorités sanitaires du pays
d’origine attestant que l’élevage dont sont issus ces animaux respecte la réglementation vis-à-vis des principales maladies réglementées (brucellose, tuberculose, leucose). Il en est bien autrement des maladies non réglementées telles que l’IBR, le BVD ou encore le varron pour lesquelles aucun dispositif national de dépistage ou de lutte n’existe permettant ainsi d’obtenir une indication sur le nombre de cheptels infectés dans ces pays.
Quelques rappels indispensables
Afin de conserver son statut sanitaire, fruit parfois de dizaines d’années de travail, il est indispensable :
• de n’acheter que des bovins issus de cheptels qualifiés et bénéficiant d’une appellation IBR,
• de vérifier avant déchargement que les animaux livrés coïncident exactement avec les documents d’identification présentés,
• de les isoler dès leur arrivée,
• de réaliser le contrôle à
l’introduction dans les 10 jours suivant la date de livraison,
• de maintenir cet isolement
jusqu’à réception des résultats d’analyse.
Sachons raison garder…
En achetant des bovins sans appellation IBR alors que votre élevage est lui-même sous appellation IBR, vous êtes alors obligé d’effectuer un second contrôle IBR sur les bovins introduits dans un délai de 1 à 2 mois après le premier contrôle. Faute de second contrôle, l’appellation IBR de votre cheptel est tout
d’abord suspendue puis ensuite retirée si le protocole n’est pas respecté.
En cas de résultat défavorable à l’un de ces 2 contrôles, une succession de contrôles IBR est à réaliser aboutissant dans le meilleur des cas à un maintien d’appellation IBR après une
longue période de suspension d’appellation.
S’agissant de surcroît d’animaux ne provenant pas de zone assainie varron, il est nécessaire que lors de l’introduction votre vétérinaire réalise un traitement varron microdose.
Alors n’oublions pas que le sanitaire, c’est l’affaire de tous
et que si nous disposons actuellement d’allégements de prophylaxie, c’est bien parce que nous bénéficions du résultat d’efforts collectifs consentis depuis bon nombre d’années et qu’il serait bien dommage de fragiliser.
Caroline Champonnois
– GDS 70
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