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Actualité du 9 juillet 2004

Reprise des négociations sur le prix du lait

"Un accord, mais pas à n'importe quel prix"
La Fédération nationale des producteurs de lait est prête à signer un nouvel accord sur le prix du lait. Mais elle ne signera pas n’importe quoi. Avis aux transformateurs qui, espère-t-elle, auront la même volonté d’aboutir.

• Voici 30 mois que le prix du lait à la production est en baisse. Pourquoi cette situation ?

Régis Chevalier : Certains marchés, en particulier ceux des produits industriels, beurre et poudres, sont particulièrement malmenés depuis 2002. L’implacable gestion de la Commission est, certainement, l’une des principales raisons de ce déséquilibre. Elle a tout fait pour anticiper la baisse de l’intervention au niveau des prix de marchés. Ainsi, les baisses des restitutions et des aides intérieures se sont multipliées. Je dois aussi souligner l’attitude de certaines entreprises dans leur politique commerciale. La réforme de notre secteur va se traduire par un écart grandissant de valorisation entre les produits industriels et les produits de grande consommation. Sans cohésion, chacun cherche à se faire une place sur le marché intérieur, avec des baisses de tarifs à la clé. Une bonne façon d’améliorer les marges de la grande distribution, mais sûrement pas celles de la filière laitière. Et au bout du compte, ce sont les producteurs qui font la variable d’ajustement, ce qui est inacceptable.

• Les manifestations de janvier et février 2004 ont-elles débouché sur des résultats ?

RC : Comme dans tout conflit, ni les uns, ni les autres n’en sortent véritablement gagnants. C’est pourquoi nous cherchons toujours, autant que faire se peut, à résoudre nos problèmes dans le cadre des négociations interprofessionnelles. Début 2004, nous étions dans un dialogue de sourds et les actions syndicales ont permis de déboucher sur un accord en forme de trêve qui a tout de même atténué les prétentions des transformateurs (-18e au 1000 litres). Nos actions massives ont finalement montré aux transformateurs que l’on ne pouvait pas faire n’importe quoi en matière de prix du lait. Mais notre objectif était aussi de reprendre les discussions afin de chercher un accord équilibré pour le moyen terme.

Réactions syndicales

• Et si vous n’arrivez pas à un accord interprofessionnel ?

RC : Je l’ai dit, notre objectif est d’aboutir à un accord. Comme en 1997, il permettrait une meilleure visibilité et faciliterait nettement les relations et les travaux interprofessionnels. De nombreux enjeux sont à appréhender dans un cadre collectif de filière et un échec sur les négociations de prix du lait viendrait empêcher tout avancement sur les autres dossiers. À la FNPL, nous prendrons donc nos responsabilités, nous chercherons un accord, mais pas à n’importe quel prix. Il faudra, bien entendu que nous ayons en face, la même volonté d’aboutir. Le revenu des éleveurs est déjà malmené par la baisse du prix et la hausse des charges à laquelle s’ajoutent les coûts de mise aux normes. La PAC va nous imposer encore bien d’autres contraintes comme la conditionnalité des aides et la modulation. Un désaccord sur le prix du lait entraînerait sans nul doute de la part des producteurs de lait des réactions syndicales à la hauteur de l’enjeu.

Prix du lait : négociation suspendue sans accord
C'est après presque 6h de réunion sur les modalités de fixation du prix du lait pour le troisième trimestre, que les trois familles de l'interprofession laitière ont suspendu tard dans la soirée du 6 juillet la négociation sans parvenir à un accord. L'enjeu de cette réunion était double. Il s'agissait de parvenir à définir les nouvelles modalités de fixation du prix de lait payé aux producteurs alors que le précédent accord de 1997 a été dénoncé par les transformateurs à l'automne 2003. La profession devait aussi se mettre d'accord sur un chiffre définissant la tendance pour le prix du lait payé pour le troisième trimestre. Une prochaine réunion est fixée au 20 juillet, soit deux jours avant l'annonce par le ministre Hervé Gaymard du programme stratégique pour la filière laitière. Rappelons que le ministre avait fait d'un accord sur les nouvelles modalités de calcul du prix du lait un préalable à ce plan.

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