“Nous avons trop souvent l’habitude de nous rencontrer quand cela va mal, quand l’inquiétude grandie dans nos rangs. Certes l’ambiance n’est pas au beau fixe mais il n’empêche qu’il nous faut communiquer et expliquer ce que nous faisons, nous agriculteurs, au quotidien à travers nos pratiques agricoles”. C’est en ces termes que Thierry Chalmin, président de la FDSEA, a accueilli les 15 conseillers généraux présents, dont le président Yves Krattinger, sur le Gaec de la Maison Rouge à Auvet dans le canton d’Autrey-les-Gray.
En effet, ces dernières années, les crises ESB ou autres ont fait apparaître au grand jour le déficit criant d’image et de compréhension qui régnait entre les agriculteurs et le citoyen consommateur. Si un certain nombre d’opérations “grand public” sont menées régulièrement, il apparaît important que les élus soient aussi informés de manière concrète. C’est dans ce sens que le conseil d’administration de la FDSEA a souhaité organiser une visite d’exploitation à l’intention du conseil général.
Ainsi Hubert Girardot, Frédéric Allemand et Baptiste Bernard, les trois associés du Gaec de la Maison Rouge se sont prêtés au jeu des questions/réponses sur la conduite de leur exploitation. Une structure qui compte 330 ha dont 240 ha cultivés et un quota laitier de 600.000 l.
Baptiste s’est installé au sein du Gaec cet hiver après avoir repris une exploitation à Chargey-les-Gray. L’occasion pour Jérôme Broutchoux, président des JA, de remercier le Conseil général du soutien apporté en faveur de l’installation via sa participation financière en complément du régime d’aide national.
Le Gaec est membre du réseau Farre (Forum de l’agriculture raisonnée et respectueuse de l’environnement). En Haute-Saône ce réseau compte 4 exploitations. Présent dans une cinquantaine de départements, Farre est une association interprofessionnelle créée en 1993. “L’esprit de cette démarche réside dans la conciliation des objectifs économiques des producteurs et les attentes des consommateurs en matière de qualité, de traçabilité et d’environnement” explique Hubert Morisot, président du comité départemental.
Ainsi, l’exploitation adhère à la Charte des Bonnes Pratiques d’Elevage (CBPE) comme près de 900 éleveurs dans le département. Une démarche qui correspond ni plus, ni moins, à la partie élevage de l’agriculture raisonnée. Emmanuel Aebischer rappellera d’ailleurs “cette nécessité de transparence dans les pratiques de l’élevage, surtout après les crises récentes que l’on a connu”. Des propos confirmés par Yves Krattinger, pour qui, tout doit être fait pour instaurer la confiance entre agriculteurs et consommateurs. Le Conseil général s’implique d’ailleurs financièrement dans le développement de la charte. Son président fait le constat que l’opinion publique et les médias ne sont pas des facteurs que l’on maîtrise et que la confiance peut s’effondrer du jour au lendemain. Reste qu’il est impératif de créer les conditions qui permettent d’éviter les crises.
Toujours dans le cadre de l’implication du Conseil général dans l’agriculture départementale, Hubert Girardot, l’aîné des trois associés, évoquera les subventions allouées dans le cadre de la mise aux normes des bâtiments d’élevage, mais aussi en terme d’intégration paysagère de ces bâtiments. Le Gaec résultant d’un groupement de trois sites d’exploitations, un bâtiment est en construction afin de rassembler le troupeau de génisses.
Il y a le paysage, au-dessus, mais aussi ce qui ne se voit pas, en dessous. Et en dessous, c’est la ressource en eau et la zone de captage de la Maison Rouge. Fortement concerné, le Gaec adapte ses pratiques culturales : pièges à nitrate, non labour, mesure des reliquats sortie hiver, utilisation de méthode d’évaluation des besoins en azote, tout un ensemble de démarches engagé par le Gaec, comme l’explique Frédéric Allemand. Quand cela est possible, les moyens biologiques sont adoptés tel l’utilisation du Trichogramme dans la lutte contre la pyrale du maïs.
Une façon de montrer que rien ne se fait au hasard et qu’au contraire, tout est raisonné, que ce soit en terme de fertilisation ou de traitement phytosanitaire.
Ce sont des choses simples mais qui doivent être dites.
Jean-Philippe Genet
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