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Actualité du 9 juillet 2004

Revenu agricole 2003

Les agriculteurs sinistré par la sécheresse
Conséquence de la sécheresse et de la canicule qui a frappé la France l’an dernier, le revenu des agriculteurs a reculé de 2%. Mais avec des disparités très importantes selon les régions, l’effet du sinistre climatique ayant été particulièrement ressenti au sud d’une ligne Reims-Agen.


Depuis quelques années, le revenu agricole est orienté à la baisse. Ainsi en 2003, le résultat agricole par actif agricole non salarié a une nouvelle fois baissé de 2% en termes réels, après un recul de 3,7% en 2002. Sur les cinq dernières années, de 1999 à 2003, cet indicateur affiche un repli de 1,9% par an en moyenne.
L’an dernier, les agriculteurs ont été surtout frappés par des sinistres climatiques successifs.

L’effet simultané de la sécheresse de l’été, des gelées de printemps et de la grêle a provoqué un recul de la production agricole de 8,8% en volume et même de 13,4% pour les productions végétales. Sans une amélioration des prix des produits agricoles qui ont progressé de 7,6% en moyenne et des aides qui ont été débloquées au titre du Fonds des calamités agricoles, la chute du revenu aurait été bien plus importante. Surtout dans les régions concernées.
En effet, la sécheresse a frappé de façon inégale le territoire. Les précipitations ont surtout fait défaut au sud d’une ligne Agen-Reims. Le déficit pluviométrique combiné à la canicule a provoqué un déficit fourrager important. Les éleveurs ont dû se résoudre à des achats de fourrages et de concentrés à des prix souvent prohibitifs. Bref, malgré une bonne orientation des prix des gros bovins, le revenu des éleveurs s’est effondré de 5 à 8% en Saône-et-Loire, dans la Nièvre et dans l’Allier.

Profondes disparités

Dans d’autres départements extensifs du Massif central, les agriculteurs ont mieux tiré partie de la hausse de 6% du prix des bovins. Le revenu a progressé dans le Limousin moins touché par la sécheresse. Selon la Commission des comptes de l’Agriculture, il a également légèrement augmenté dans l’Aveyron et en Lozère, très affectés par le manque de pluie, mais où les subventions pour calamités ont compensé la progression des achats d’aliments. En revanche, le revenu a reculé de 3% dans les Vosges, la Haute-Saône et le Doubs où la sécheresse s’est conjuguée à la baisse du prix du lait. Ailleurs, dans l’Ouest notamment, le déficit fourrager et les baisses de productions végétales ont été plus modestes. Conséquence, le revenu est parvenu à se maintenir en Bretagne et a augmenté en Normandie et sur la façade atlantique.
D’une façon générale, le revenu des exploitations spécialisées en céréales et en oléoprotéagineux a reculé de 2% en moyenne. La production de céréales s’est, en effet, repliée de 21%. Mais avec des situations très différentes selon les zones. En Haute-Garonne et dans le Gers où la production a baissé de 30%, ainsi que dans le Tarn où les récoltes se sont effondrées de 44%, le revenu des exploitants a diminué de 10%. Il a également baissé dans le Centre et en Ile de France, deux régions de grandes cultures également. Mais il a progressé de 20% dans le Nord-Pas-de-Calais, de 12% dans la Somme et de 8% dans l’Oise. Ces départements n’ont pas connu de chutes majeures de récolte et ont profité de revalorisation des prix des céréales, mais aussi des pommes de terre et des betteraves.

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