«La Franche-Comté est l’une des plus petites régions et sur le plan agricole, un très gros département». Elle se doit donc d’être efficace résume André Thévenot. A Maîche devant ses pairs, mais aussi le préfet de Région Jean-Marc Rebière et le nouveau président de l’exécutif régional, Raymond Forni (voir encadré), la chambre régionale d’agriculture qui tenait sa session décentralisée, en a fait la démonstration. Avec d’abord une série de thèmes évoqués directement par les quatre présidents de chambres départementales et le président des JA «sur les visions partagées susceptibles d’orienter les partenariats des programmes d’actions».
On citera ainsi les politiques de qualité des filières porcine, ovine, chevaline ou forestière. A quoi s’ajoutent la diversification, la bio, les questions environnementales, le projet de Ligne à grande vitesse, et le dossier montagne. Sans oublier les grandes cultures, les filières lait fromage.
Pas de Franche-Comté d’en bas !
Et sur ce point André Thévenot n’a pas manqué d’enfoncer le clou : «L’agriculture franc-comtoise a une chance, un atout qui participe à son image : celui des AOC, des produits de qualité à forte valeur ajoutée qu’il convient de conforter par des politiques de qualité et de promotion». Sauf que le secteur de la production n’a pas trouvé sa place dans les outils de transformation et reste toujours tributaire de l’évolution des affineurs. D’où la nécessité de rechercher des solutions spécifiques à l’échelle locale comme sur la crise du comté actuelle avec une réduction des volumes produits et la sortie de ces laits de la filière pour les traiter comme des laits standards avec un système de compensation de prix à trouver. Reste la zone basse de la région qui ne doit pas «devenir la Franche-Comté d’en bas car l’une des clefs pour cette zone-là est de disposer d’outils de transformation adaptés en commençant par préserver ceux qui existent».
Des stratégies et des soutiens qu’il convient de situer à l’échelle du Grand Est pour André Thévenot, rejoint dans son analyse par Jean-Paul Narjollet, le Draf, qui explique que 250 millions de litres de lait standard sont mal valorisés. «Le Grand Est manque d’un outil de 40 à 50.000 tonnes d’emmental pour concurrencer l’Ouest, les trois opérateurs de la région doivent se positionner, partager le constat et la volonté de s’attaquer au problème» dit-il.
Pas de caution
Actualité nationale oblige, sur la Pac «l’enjeu est de voir comment limiter les effets néfastes de la réforme en évitant que le libéralisme absolu ne s’installe». Et comme beaucoup d’autres structures, les Chambres vont s’atteler cet automne à faire de l’information en vertu d’un accord avec le ministère de l’agriculture et les services déconcentrés de l’Etat.
Mais précise André Thévenot «cet accord n’est en rien une caution car une fois de plus cette réforme n’est pas la nôtre, elle s’applique et notre rôle est d’apporter un service aux agriculteurs». D’où l’annonce d’un correspondant Pac dans chaque Chambre et d’une personne ressource au niveau régional.
Reste beaucoup d’autres sujets qui même au galop dans le pays du cheval n’ont pu être traités… On retiendra toutefois la délibération sur «la dénomination montagne» qui demande une modification du décret du 15 décembre 2000 pour laisser le soin aux interprofessions d’utiliser ou non le terme montagne et de conditionner son utilisation à l’observation d’un cahier des charges.
André Nayener