Politique de prix
Quant au nouveau président, il s’inscrit dans la continuité de sont prédécesseur, Jérôme Despey. "Je tiens tout d’abord à rappeler que pour les jeunes agriculteurs, la première politique d’installation, c’est une politique de revenu, une politique de revenu par les prix" a t-il martelé à l’adresse du ministre de l’Agriculture. Aussi il n’a pas cessé de dénoncer la tournure que prennent les choses en matière de politique agricole : la baisse des prix et la désorganisation des marchés impulsée par Bruxelles, l’ouverture des marchés à la concurrence internationale dans le cadre de l’OMC et des négociations du Mercosur. Alors que dans le même temps les agriculteurs se trouvent soumis à des contraintes environnementales, sanitaires, de bien être des animaux de plus en plus draconiennes. "Trouvez-vous cohérent qu’un responsable politique ou un commissaire européen décide de renforcer, en France et en Europe, telle disposition sociale, environnementale ou sanitaire, et que dans le même temps, il signe un accord de libre-échange avec une région du monde qui est à mille lieux des mêmes préoccupations" a déploré le nouveau président. Bref "ça ne tourne pas rond" avec une politique agricole qui fait simultanément pression sur les prix et aggrave les charges.
Restructuration des OPA
Aujourd’hui, ce que les agriculteurs ne cessent de demander aux pouvoirs publics en terme de réduction des charges pour améliorer le revenu, les Jeunes Agriculteurs ont décidé de l’engager dans leurs propres structures. Pour la première fois dans un congrès, la réflexion a porté sur la myriade des organisations professionnelles agricoles qui interviennent dans le monde paysan, faisant de l’agriculture un secteur sur administré. Avec un salarié dans les services pour cinq agriculteurs, les Jeunes Agriculteurs dénoncent la logique concurrentielle, les doublons et au bout du compte des charges qui grèvent leur revenu.
Mais les JA ne sont pas allés aussi loin que le proposait leur rapport d’orientation, la création de pôle de services par domaine de compétence pour la formation, l’installation, le développement de l’exploitation… L’installation d’un guichet unique pour l’installation des jeunes agriculteurs a été repoussée par le congrès.
Impressions de congrès
Les jeunes agriculteurs de Haute-Saône ont pris part au congrès. Voilà leurs impressions.
• Sylvain Adam :
“Le congrès des JA est un fabuleux et merveilleux rassemblement de tous les JA français, adhérents à notre maison. J’ai vu pendant ces trois jours, une jeunesse agricole débordante de joie, d’espérance et de force. Et nous, JA, avons élu un nouveau conseil d’administration national, qui lui même, a élu un nouveau président.
“L’incompris” est le nom d’un vin de l’Hérault. Il aurait pu être le pseudonyme de Hervé Gaymard, ministre de l’agriculture qui a parlé d’installation, de services simplifiés et moins onéreux pour l’agriculteur sans nous convaincre”.
• Gérôme Broutchoux, président des JA 70.
“Si le début de ce congrès a été chaud au cours de la première partie, il ne l’a pas été lors de l’arrivée du ministre, Hervé Gaymard. En pleine compétition de foot, nous nous devions de lever les cartons rouges lors de la prise de parole de celui-ci. Reste de ce congrès le lancement d’un débat de fond sur la refonte des organisations professionnelles agricoles”.
• Emeline Revoy :
“Pour ma part, en tant que responsable de la commission communication au niveau du département, j’ai retenu plusieurs messages forts. Le réseau des JA doit être dynamique, implanté localement, composé de jeunes formés, ouverts vers l’extérieur, assumant des responsabilités. Ce réseau doit également proposer des idées novatrices, promouvoir le métier d’agriculteur et animer le milieu rural.
Le réseau doit également lier de nouvelles alliances en complément de celles existantes, à des partenaires non agricoles.
Gardons en mémoire que notre syndicat a été fondé sur des valeurs que sont : Proximité, Solidarité et Echanges. Alors faisons en sorte de maintenir le cap afin de défendre au mieux les intérêts de notre chère profession”.
• Julien Bigand :
“Malgré les problèmes que rencontrent les JA de l’Hérault, liés notamment à la pression foncière et à la spéculation dans ses départements à forte population, félicitations à eux pour leur organisation. Le rapport d’orientation 2004 s’intitulait “Refonte des services : Une nécessité pour l’avenir des paysans”. Les rapporteurs ont porté cette année leur attention sur les services qui existent dans le monde agricole. Ce milieu est l’un des plus organisés de notre société. Malgré tout, ces services répondent-ils à l’attente des agriculteurs ? Y-a t’il concurrence entre eux ou doublons ? Comment gommer «l’esprit «boutique», les tensions qui peuvent naître entre OPA ? L’objectif étant de répondre à l’attente des jeunes agriculteurs et de les conforter dans l’exercice de leur métier.
Lors de la table ronde du 3ème jour avec les représentants des OPA nationales, l’ensemble des idées a été bien accueilli, notamment regrouper des compétences dans des pôles (élevage, formation, filières), régionaliser si besoin.
Le but : éviter que plusieurs organisations fassent le même travail et améliorer le service public. En quittant la table ronde tous les acteurs étaient d’accord et se promettaient de faire avancer la chose en travaillant ensemble.
Affaire à suivre ….
Le congrès fut un véritable succès. C’est un moment énorme de notre structure JA. C’est le moment de débattre, d’échanger et de fixer une réelle politique nationale. Et si tout cela est possible, c’est grâce à chacun d’entre nous, les JA, qui nous retrouvons dans nos structures cantonales. Nous sommes 50.000 adhérents sur 2.800 cantons élisant des administrateurs dans 95 départements, 11 régions syndicales et du national. L’objectif de toute cette organisation est de répondre à l’attente des jeunes. N’hésitez pas dans vos cantons à solliciter vos administrateurs leur rôle étant de faire remonter vos problèmes, vos inquiétudes à nos responsables afin de faire entendre chacune de nos voix l’échange est indispensable”.