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Les organisations agricoles sur le grill
A l’occasion de leur congrès qui se tient à Béziers les 22, 23 et 24 juin à Béziers, les JA se penchent sur le rôle des multiples organisations agricoles et les services qu’elles rendent aux agriculteurs.
Objectif : parvenir à une meilleure coordination et une rationalisation de leurs activités à un meilleur coût. |
"Nous devons lancer le démarrage d’une restructuration des organisations agricoles", a déclaré Jérôme Despey, à la veille du congrès des JA qui se tient à Béziers, les 22, 23 et 24 juin. Le rapport d’orientation des Jeunes Agriculteurs sort cette année de l’exploitation, pour procéder à un examen de tous les services et de toutes les organisations qui interviennent auprès des paysans. "Face à la multitude des services et des organisations, alors qu’il y a de moins en moins de paysans, nous devons nous interroger sur les services dont les agriculteurs ont réellement besoin", poursuit le président, qui termine son mandat dans quelques jours.
Certes, toutes ces organisations et tous ces services ont été créés au fil du temps, souvent à l’initiative des responsables syndicaux pour satisfaire à des besoins précis et "ont permis de répondre à la montée en puissance de l’agriculture", note Hervé Beaumont, agriculteur dans les Landes, l’un des rapporteurs.
Mais aujourd’hui les choses ont changé, les agriculteurs sont de moins en moins nombreux et les structures sont restées. Elles ont un coût à la charge des agriculteurs, alors que la valeur ajoutée agricole a tendance à se réduire. Objectif des jeunes : "récupérer de la valeur ajoutée" en restructurant tous ces organisations et ces services de façon à ce qu’ils répondent à de réels besoins.
Un pour cinq
Selon les JA, il y aurait un salarié dans les services pour cinq agriculteurs. Et de pointer ici et là un certain nombre de dysfonctionnements et de doublons, "voire des logiques concurrentielles entre des boutiques théoriquement au service des mêmes intérêts". Comme les chambres d’agriculture et les Adasea, les différentes organisations de l’élevage : groupement de défense sanitaire, contrôle laitier, contrôle des performances. Sans parler "des banques et des assurances, aujourd’hui en guerre ouverte" (NDLR Crédit agricole et Groupama), qui proposent des services identiques, des coopératives "qui se comportent plus comme des négociants" des services du ministère de l’Agriculture et des offices qui "se restreignent à la fonction de contrôleurs".
Pôle de compétences
"Pour remettre les organisations dans le bon sens" selon les termes de l’autre rapporteur, Jean-Michel Leroy, secrétaire général adjoint, producteur de lait dans la Manche, les JA proposent la création "de pôles de service" par domaine de compétence. Ainsi en serait-il de l’installation, pour éviter "le parcours du combattant" auquel est confronté tout jeune qui veut reprendre une exploitation. Il en serait de même pour le développement de l’exploitation et l’appui technique dont elle a besoin. Les JA suggèrent une fusion des acteurs par domaine d’intervention (pôle animal, pôle végétal) et surtout la mise en place de partenariats entre les chambres d’agriculture et les coopératives pour la gestion des techniciens. Autre demande pressante : le refus des services payants des coopératives parce qu’elles sont financées par l’impôt. D’une façon générale d’ailleurs, "les organisations professionnelles n’ont pas à compenser la diminution de leur public initial par une diversification de leurs activités. Cela génère des conflits préjudiciables au final à leur fonctionnement mais surtout aux paysans à l’origine des financements des organisations”, note-t-on dans le rapport.
Et le syndicalisme dans tout cela ? Il doit reprendre "du poids" et l’initiative. C’est à lui qu’appartient "le rôle de coordonner l’action des différentes organisations professionnelles, de créer les synergies et les complémentarités", explique Anne Peenaert, viticultrice dans le Haut-Rhin, également responsable du rapport. Pour le meilleur service aux agriculteurs.
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