Récolte annuelle anéantie en moins d’une heure, bâtiments détruits, les risques engendrés par la surfermentation des fourrages peuvent avoir des conséquences dramatiques.
Il faut donc veiller à ne pas cumuler les facteurs de risque : Humidité trop élevée, mauvaises conditions de stockage, tas trop volumineux, aération parcimonieuse et absence de surveillance. À chaque fenaison, cette combinaison entraîne immanquablement une élévation de la température à l’intérieur des stocks de foin. Résultat : les qualités nutritives du fourrage sont dégradées, il présente un danger pour la santé de l’homme et peut provoquer un incendie.
Lorsque toutes ces conditions sont réunies, nul besoin de flamme ou d’étincelle d’origine extérieure pour conduire au désastre !
La récolte : une étape essentielle
Au moment de la récolte, les conditions atmosphériques, totalement incontrôlables, jouent un rôle déterminant. L’idéal consiste à faucher lorsque la météo annonce une période de beau temps suffisamment longue pour favoriser un séchage au sol rapide et homogène.
Stock sous surveillance
Etape suivante : le stockage. Entreposez le foin en petites quantités, écartez les balles douteuses et veillez à séparer les tas au moyen de « couloirs », dans des locaux convenablement aérés.
On peut aussi créer des cheminées naturelles pour permettre au gaz de fermentation de s’évacuer.
Mais l’utilisation d’une sonde thermométrique ou électronique reste le meilleur moyen d’apprécier avec précision le comportement du fourrage et de suivre l’évolution de sa température.
Parmi les outils mis à la disposition des professionnels, on trouve également l’Humidimètre, un appareil de mesure de l'humidité à utiliser avant le pressage ou avant le stockage pour s’assurer que la proportion d’humidité ne dépasse pas le seuil des 20%.
En cas de “sur-fermentation”
Dégagement de vapeur d’eau et condensation à la surface du tas de foin, odeur de « roussi » plus ou moins forte, tassement anormal du fourrage sont le signe d’un échauffement excessif. À ce stade, le recours à la sonde à fourrage s’impose.
• Si la température atteint des valeurs entre 45 et 55° : il faut surveiller le stock deux fois par jour
• Entre 60 et 70° : L’apport d’oxygène risque d’enflammer le fourrage. Il est nécessaire de pratiquer des « entailles » dans les zones de surchauffe. Les moyens de lutte contre l’incendie doivent être prêts à fonctionner.
• Au-dessus de 70°, le risque d’incendie spontané, voire d’explosion, est avéré. Le fourrage doit alors être évacué sous la protection des pompiers.
Dangereux pour les hommes au moment de leur manipulation et de leur transport, les fourrages le restent une fois stockés. Les mesures de prévention peuvent sembler contraignantes mais elles garantissent la sécurité de l’exploitation et la qualité des fourrages. Attention, elles s’appliquent également à certains stockages de paille pressée "verte".
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