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Actualité du 21 mai 2004

Industrie laitière

Les impacts négatifs de la réforme de la Pac
Une étude menée par l’interprofession montre que le revenu des producteurs de lait pourrait chuter de 23% en cas de baisse des prix du lait. Mais d'autres travaux indiquent qu'il existe aussi des marges de manœuvre.


Environ 16% des producteurs de lait français cesseraient leur activité si la réforme de la Pac entraînait une baisse de 7% de leur chiffre d’affaires. Ce sont majoritairement des agriculteurs de Rhône-Alpes, Franche-Comté ou Massif-Central ou des moins de 40 ans qui considèrent qu’une éventuelle baisse du revenu n’est pas acceptable. C’est ce que révèle un sondage Sofres commandé par le Centre national interprofessionnel de l’économie laitière (Cniel) et présenté le 12 mai à l’occasion de l’Assemblée générale de la Fédération nationale des industries laitières (Fnil). D’autres études ont également été dévoilées, montrant que les exploitations réagiront à la réforme en fonction de leur taille, de leur spécialité, de leur situation géographique ou du "profil" de l’exploitant.

Des points inquiétants
Toujours selon la Sofres, le découplage des aides et la baisse du prix du lait sont considérés par la très grande majorité des 732 éleveurs sondés comme les points les plus inquiétants de la réforme. Le Cniel confirme ces craintes en indiquant, simulation à l’appui, qu’une baisse de prix de 10%, non compensée, diminuerait le revenu de 23% en moyenne. Les exploitations spécialisées seraient les plus touchées avec une perte de 26%. Les producteurs mixtes subiraient plus fortement le découplage des aides qui pourrait avoir des conséquences significatives sur les structures. Celles qui ne seront pas aux normes seraient également affectées ainsi que les éleveurs de plus de 55 ans. En revanche, le découplage ne devrait pas avoir d’incidence sur la production puisque de nombreux agriculteurs ont la capacité d’augmenter leur production et que parmi ceux qui décideraient de poursuivre leur activité, trois sur quatre (chiffres Sofres) seraient intéressés par des quotas supplémentaires.

"Des synergies possibles"
L’Institut de l’élevage, qui livre les premiers résultats de son étude "Amont 2010", considère que produire plus de lait, sur plus de surface et sans avoir à faire d’investissements, permettrait de gagner 75 à 125e de plus pour 1.000 litres. Mais il s’agit là d’une situation idéale qui ne concerne pas la majorité des éleveurs. A l’opposé, l’arrêt de l’activité lait chez les producteurs mixtes provoquerait une nette diminution du revenu à moins que, parallèlement, l’endettement diminue lui aussi de façon considérable. Entre ces deux situations, "il y a beaucoup de synergies possibles", conclut l’Institut de l’élevage qui estime qu’en 2010, hors effet Pac, il resterait 75.000 exploitations laitières (contre 118.000 aujourd’hui) avec un quota moyen à 300.000 litres. Le Cniel, un peu plus optimiste donne un chiffre approchant de 78.000, avec 55.000 exploitations au nord de la Loire et 23.000 au sud, mais en tenant compte de la réforme.

Des leviers pour s'adapter
Pour faire face à la nouvelle donne européenne, le président de la Fnil, Xavier Paul-Renard, propose cinq "leviers", le premier portant sur le prix du lait. "Les discussions avec les producteurs ont repris, dit-il. Souhaitons qu'elles ne conduisent pas à la politique du chacun pour soi". Favorable à la maîtrise de la production, il plaide pour davantage de flexibilité des quotas et de fluidité dans la gestion des références. Il souhaite également que les relations entre producteurs et laiteries évoluent en insistant sur la contractualisation entre ces deux maillons de la filière. Et que la filière s'adapte aux attentes du consommateur, auprès desquels il estime nécessaire de communiquer sur les bienfaits du lait, avec le soutien de la recherche scientifique. L'esprit d'innovation des éleveurs et des entrepreneurs et l'aide des Pouvoirs publics sont également sollicités. Enfin, le président veut chasser les idées reçues qui "risquent d'appauvrir la filière" comme le bradage des produits de grande consommation.

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