Lors de notre dernier Conseil d’administration national du 28 avril 2004, la présidente de la Caisse centrale de la MSA, Jeannette Gros, a été invitée pour nous présenter l’essentiel de ses propositions au sujet de la réforme de “l’Assurance maladie”, complètement différente de la réforme des retraites. Cette dernière a fait entrer toutes les personnes en activité, dans un cadre auquel on ne pourra échapper : montant et durée des cotisations, âge de la retraite etc...
Par contre la réforme de l’Assurance maladie est un appel au civisme, à la responsabilisation de tous les acheteurs pour éviter les abus et ne pas rejeter la dette qui s’alourdit tous les ans, sur les générations à venir.
Tous les Français sont concernés, les patients bien sûr, mais également tout le corps médical (24 corps de métier soit 24 conventions spécifiques).
Nous sommes tous impliqués dans la sauvegarde, la pérennisation du système actuel français, reconnu le meilleur en Europe, voire dans le Monde. Beaucoup de pays nous l’envient.
Il faut arrêter de penser “la retraite c’est sérieux mais le déficit de l’assurance maladie, on s’en fiche”.
Voici les points essentiels de cette réforme :
• Lutte contre tous les gaspillages
Exemple : le panier de soins évitera les excès, les abus car seuls les médicaments reconnus bons et efficaces au niveau scientifique, seront remboursés. Certains patients âgés consomment trop de médicaments et nuisent ainsi à leur santé.
• Davantage de “prévention”
Certaines maladies décelées à leur début, seront moins coûteuses à guérir. Ex : la prévention dentaire sera obligatoire depuis l’enfance.
• Une éducation sanitaire et diététique : pour mieux se nourrir
• Des réformes à faire dans les hôpitaux.
Les hôpitaux de proximité seront adaptés et spécialisés pour personnes âgées.
• Le “dossier médical” partagé entre médecins généralistes et spécialistes. Des conventions pourront être passées avec des groupes de médecins ;
Par ailleurs, la MSA propose que des bourses soient attribuées aux étudiants en médecine qui feraient leur stage chez un médecin en milieu rural, afin de leur faire reconnaître la nécessité du maintien de “généralistes”, dans ces zones rurales.
Ce qui coûte cher à l’Assurance maladie
• un taux de chômage toujours trop élevé. C’est un facteur négatif, car le montant des cotisations encaissées diminue
• les maladies graves, de longue durée, les handicaps
• la surmédication
• le début et la fin de vie
D’abord les six premières années de la vie et ce qui entoure la Maternité, puis du fait de l’allongement de la vie, la dernière partie de la vie coûte cher. C’est cependant une chance pour les générations à venir, d’où la nécessité d’apprendre à bien vieillir.
Le déficit croissant de l’Assurance maladie impliquait des réformes, mais toute restriction risque de faire augmenter le coût des complémentaires.
C’est encore les plus défavorisés qui seront pénalisés !
Nous restons déçus de n’avoir pas encore réussi à faire attribuer la retraite complémentaire aux conjoints et aux veuves. Nous serons vigilants à ce que tout retraité puisse conserver l’Assurance complémentaire. Mutualisme et solidarité ne doivent pas être de vains mots. Dans un pays aussi riche que le nôtre, de telles disparités ne sont plus supportables.
Nous reconnaissons les avancées suite à l’attribution de la RCO depuis le 1er avril 2003 à une partie des exploitants agricoles et la mensualisation au 1er janvier 2004 pour tous les retraités agricoles. Mais il reste encore à nos sections départementales et nationale, bien des combats à mener pour cette fraction de retraités, restée à l’écart malheureusement, de ces avantages.
C’est le sens de la motion qui suit, rédigée à notre réunion régionale Bourgogne-Franche-Comté, le 3 mai 2004 à Dole. Motion co-signée de tous les présidents des huit départements.
Cette motion sera envoyée à la section nationale et à tous les élus de la Région.
Le président de la région Bourgogne Franche-Comté René Manteaux
Motion
Les sections départementales des anciens exploitants des régions Bourgogne et Franche-Comté réunie ce jour 3 mai 2004 à Dole, ont fait le point sur les activités de l’année écoulée, riche en évènements.
Après ce bilan précis, elles ont abordé les principales revendications, d’abord celles qui ont trouvé une solution, par exemple la mensualisation des retraites, ensuite et surtout celles pour lesquelles le Gouvernement n’a pas répondu à nos attentes.
Par contre, la section régionale considère qu’aucune décision n’a été prise sur :
• l’attribution pour les conjoints, aides familiaux, de la retraite complémentaire, ainsi que la réversion pour les veuves. L’évolution de cette retraite complémentaire doit suivre l’augmentation de celle du Smic, comme cela avait été promis et atteindre 85% du Smic.
L’évolution de la retraite des conjoints chefs d’exploitation qui est toujours en terme de montant financier, en retard par rapport à celle des chefs d’exploitations (-39% selon une enquête nationale).
La bonification pour enfants qui doit impérativement faire l’objet d’une décision au cours de cette année 2004 pour supprimer l’inégalité existante découlant du calcul forfaitaire de ce complément.
La prise en compte pour le calcul de nos retraites des 25 meilleures années comme dans les autres secteurs d’activités.
La déductibilité fiscale du coût de l’assurance maladie complémentaire ou pour les personnes non imposables, un crédit d’impôt.
Quant à la réforme de l’assurance maladie, les représentants des anciens exploitants veulent y être associés, car considérant que cette réforme est nécessaire, ils insistent sur le fait qu’elle doit être adaptée à l’ensemble de notre société, sans disparité entre les citoyens.