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Météo : faut-il craindre le pire ?
Si actuellement, compte tenu du manque de pluviométrie il n’y a pas péril en la demeure, la situation est néanmoins préoccupante. Quelques centimètres de pluie, dans les jours à venir seraient les bienvenus et les garants d’une belle récolte. |
Certains annoncent depuis janvier que l’année 2004 sera aussi sèche que 2003 le fut.
D’autres, les plus optimistes, attendent pour voir en guettant les cumulus et espèrent...
Mais concrètement qu’en est -il sur le
terrain ?
Les chiffres enregistrés par Météo France montrent qu’en Haute-Saône, le mois de janvier a été globalement, bien arrosé. Janvier 2004 a été plus pluvieux que janvier 2003. La pluviométrie de février 2004 fut identique à celle de 2003. En mars, les millimètres de pluie enregistrés sont supérieurs à ceux de l’an passé mais toujours inférieures à la normale saisonnière.
Quant au mois d’avril, on peut considérer qu’il a été sec, il est, en moyenne tombé moitié moins d’eau qu’en avril 2003 !
Voilà pour la comptabilité météorologique. Qu’en est-il dans les cultures ?
Pour Eric Raclot spécialiste Grandes cultures à la Chambre d’agriculture de Haute-Saône “En terre profonde, les cultures d’automne, orges et blé, ont, actuellement, un potentiel exceptionnel à la vue du nombre de tiges ou d’épis au m2. Mais il faut des réserves hydriques conséquentes pour alimenter correctement cette importante biomasse. En 2003, au stade épis 1cm, la réserve hydrique de survie était atteinte au 1er avril. Cette année, à la même date, la réserve était de 30mm ... une avance aujourd’hui consommée”.
Conclusion, dans les sols profonds les céréales affichent un fort potentiel et ce qui présage une année exceptionnelle, si et seulement si, il pleut dès à présent.
En terre superficielle : les cultures souffrent
Dans les terres superficielles, “la situation est plus inquiétante il y a déjà des pertes de rendement notamment sur les escourgeons. Les blés sont comme les céréales de printemps stressés par le manque d’eau et donc leur épanouissement est actuellement bloqué” constate Guy Finot agriculteur à Champlitte. Pour les colzas, la situation semble correcte.
En outre, la faible pluviométrie a pour incidence une bonne situation sanitaire notamment sur les blés. “On s’oriente vers un traitement visant la septoriose au stade donnée feuille étalée, seulement” conseille Eric Raclot. Pour ce qui est de l’azote, le second apport n’a pas été totalement assimilé suite au manque d’eau, et le sol n’a pas minéralisé.
Si la situation n’est pas pour le moment alarmante, il n’en reste pas moins un gros besoin, général de pluviométrie dans les jours à venir... où tout va se jouer.
Pour Thierry Chalmin, président de la FDSEA, il faut “Eviter de pêcher par trop d’optimisme et quand même constater que bon nombre de ruisseaux sont aujourd’hui taris, bon nombre de sources sont à un niveau inquiétant.
Ce dont on peut d’ores et déjà être sûr, c’est que 2004, au niveau production fourragère, ne sera certainement pas une année d’abondance, pas une année pour reconstituer des stocks de fourrage au plus bas. Il faut à mon avis être depuis maintenant prudent et prévoyant pour passer l’année en conditions acceptables. De toute façon, l’agriculture de Haute-Saône ne pourra pas supporter une année identique à 2003!”
Souhaitons donc que les perturbations annoncées pour cette fin de semaine par Météo France se concrétisent.
CD
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