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Actualité du 05 mars 2004

Race montbéliarde au salon à Paris

 

Marquise : reine à Paris
L’unique montbéliarde de Bourgogne présente au Salon, Marquise, décroche le prix de Championnat. Orée du Parterre, premier prix de la 3ème section, était finaliste du championnat adulte... Manette a décroché le 2ème prix de la quatrième section.

Pour Claude Taillard, président de l'Upra Montbéliarde "C'est un concours qui se termine magistralement, par une championne magistrale", sans oublier de rendre un hommage appuyé aux qualités du juge, Guy Cabaussel, éleveur de montbéliardes en Gaec dans le Rhône, pour la qualité de sa prestation. Quand celui-ci désigne Marquise de l'Earl Michel Drot en Côte d'Or (Bois Levin) comme championne adulte du concours montbéliard à Paris, dimanche 29 février, c'est un tonnerre d'applaudissements qui fait vibrer le grand ring et salue cette victoire. "Je n'arrivais plus à détacher mes yeux de cette vache !, reconnaît le juge. Elle a un très bon développement, un dessus excellent... le bassin est bien établi dans ces dimensions, le jarret est fin, le pâturon a une bonne inclinaison. Les qualités de la mamelle ne sont pas des moindres : l'attache arrière est haute et large, les trayons parfaitement fonctionnels".

Marquise, grande championne

Pour Jacques Brosselard, technicien à l'Upra Montbéliarde "Cette vache de Côte d'Or mérite tout à fait son titre : sa victoire est d'autant plus remarquable que c'est la seule montbéliarde que la Bourgogne a envoyée sur le salon. Mais il y a des bonnes vaches
partout !" Cette année, l'Upra s'est appuyée davantage sur les syndicats et les fédérations de syndicats au niveau des grands bassins d'implantation de la montbéliarde pour la mise en œuvre du tri et du choix des animaux. "Des quotas correspondant au nombre de places à Paris ont été attribués par bassins, en fonction de l'effectif montbéliard présent, ainsi que de la participation au SIA au cours des cinq dernières années" précise Jacques Brosselard. 12 vaches pour le Doubs et le Territoire de Belfort, sept pour le Jura, quatre pour Rhône-Alpes, quatre également pour le Nord-Est (dont fait partie la Haute-Saône), trois pour le grand-Ouest, une pour la Bourgogne, et enfin une pour le Sud-Ouest représentaient donc la race montbéliarde. Finalement, 35 vaches représentant l’élite de la race étaient à Paris dimanche.
Autre modification apportée au déroulement du concours par rapport aux années précédentes, l'aspect performances de production a été délibérément laissé de côté pour le classement, et c'est désormais la seule appréciation du juge sur les critères de morphologie qui est prise en compte. "À Paris, on n'a pas de vaches à 5.000... Ce mode de classement est beaucoup plus simple, beaucoup plus lisible pour les spectateurs" se réjouit J. Brosselard. Assisté par Laurent Drouet, du Jura, le juge venu du Rhône a conduit les opérations de tri d'une main de maître, s'appuyant sur les qualités des animaux présentés pour faire la promotion de la race.
En première section, il a choisi d'attribuer le premier prix et la meilleure mamelle à Renova (Obao) du Gaec Debouche à Pouligney Lusans dans le Doubs : "Son pâturon court est un gage de solidité. Et elle a un très faible volume de mamelle, ce qui est important pour une jeune vache. C'est pour moi la vache qui mérite aujourd'hui ce premier prix : elle présente une excellente avant-main, sa poitrine et profonde, son flanc bien descendu a fait la différence".

Rocaille s'arroge le doublé

En seconde section, Rocaille (Fanatique) chez Jean-Louis Bernard à Chilly sur Salins remporte le premier prix "une vache qui est complète, une côte bien descendue, un très bon bassin et une excellente mamelle... elle est première sans aucune ambiguïté”. On retrouvera Rocaille un peu plus tard, successivement pour la meilleure mamelle jeune et pour le prix de championnat jeune. "Quand on est juge, on hésite à cumuler deux prix sur la même vache... reconnaît Guy Cabaussel, mais je me suis concerté avec mon assistant et devant un animal avec autant de qualités (grande taille, caractère laitier, les dimensions de flanc et de poitrine....) je ne pouvais pas faire d'autre choix !"
Un juge qui n'hésite pas à bousculer un peu les habitudes, tout en respectant le timing "J'ai envie d'en appeler quatre dans cette section", lance-t-il au moment de communiquer son classement de la troisième section. Mais au final, c'est Orée du Parterre (Genova), au Gaec du Parterre à Magny-les-Jussey en Haute-Saône, qui domine cette troisième section. "Par sa taille, son corps, sa profondeur... c'est une vache d'exception : sa profondeur de poitrine et de flanc signe une énorme capacité d'ingestion. Et surtout, la ligne de dos est tirée à la règle. De très bons aplombs. Tout ce qu'on peut lui reprocher, c'est son trayon un peu généreux".

Du côté des vaches adultes

Avec 10 animaux, la quatrième section est la plus fournie "C'est un lot assez exceptionnel de vaches adultes sur le plan du gabarit, de la taille, de la puissance, des productions élevées, dix très bonnes vaches difficiles à classer" introduit Jacques Brosselard. "On a une section qui représente bien les qualités que l'on attend dans la Montbéliarde", note le juge, avant de faire monter Origine (Michello) à l'Earl Loizon de Merey sous Montrond, sur le ring, pour la désigner meilleure mamelle. Pour les habitués, rien de surprenant : Origine avait déjà été désignée meilleure mamelle de la catégorie espoir, au Montbéliarde Prestige 2002 à Besançon. "Les attaches sont très solides, la mamelle est bien irriguée et les trayons bien orientés". Origine transformera l'essai quelques instants plus tard en s'arrogeant le prix de meilleure mamelle adulte du concours. Manette (Bois Levin) au Gaec Preslots-Trannois à Rupt-sur-Saône, la seconde vache haut-saônoise présente au salon, décroche le 2ème prix "Je vous dis que j'ai deux vaches très proches l'une de l'autre, deux vaches impressionnantes et j'ai eu du mal à les départager en privilégiant le volume de mamelle et la qualité des trayons. Celle-ci a beaucoup de qualités, un bon dessus, un très bon bassin. La qualité de l'attache arrière est impressionnante !" C'est finalement Marquise à l'Earl Michel Drot en Côte d'Or, une autre fille de Bois Levin, qui triomphe dans cette section, avant de remporter le championnat adulte "Elle est d'une puissance impressionnante... sa ligne de dessus est tirée au cordeau, son bassin est excellent, large aux hanches et aux trocanters. Son excellente attache arrière assure une bonne répartition du volume de la mamelle et permet de garder une bonne distance plancher-jarret".

Section V : la longévité

"La longévité, ça fait plaisir à voir... et on ne peut pas passer sous silence la qualité des éleveurs qui permettent à leurs vaches de vieillir si bien !" a commenté Guy Cabaussel en jaugeant les six vaches présentées en cinquième section (vaches de plus de sept ans et six mois). Mais la reine incontestée dans cette catégorie est Légende, encore une fille de Bois Levin, du Gaec de l'Allée à Vezac dans le Cantal. "Ce qui m'a frappé, c'est qu'elle ne fait pas son âge !" s'exclame le juge. Le prix spécial de meilleure laitière de la race viendra consacrer la carrière de ce splendide animal, caractérisé par "du développement, de l'avant main, des pattes solides et des membres secs".

Alexandre Coronel

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