«Les agriculteurs ont fait une révolution silencieuse exceptionnelle, qu’aucun autre secteur n’a réalisée. D’une agriculture qui n’existait pas, il y a cinquante ans, elle est devenue l’une des premières puissances agricoles du monde... Il y a un génie de l’agriculture française capable de s’adapter. Je ne suis pas pessimiste pour l’avenir», a déclaré Jacques Chirac, au président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer, lors de l’inauguration du Salon, le 28 février Décidément très confiant en l’avenir de l’agriculture, le président de la République a parcouru pendant plus de trois heures les allées du Salon, trouvant un réel plaisir, comme à son habitude à jauger les animaux et à délivrer des encouragements aux éleveurs.
À Jacques Chirac qui s’est attardé plus d’un quart d’heure, au stand de la FNSEA, Jean Michel Lemétayer a dressé un inventaire de toutes les difficultés auxquelles sont confrontés les agriculteurs : les incertitudes liées à la réforme de la Pac, les négociations de l’OMC, la crise du porc, celle du lait et celle du vin. Pour souligner que ces crises habituellement «conjoncturelles» étaient devenues désormais «structurelles». Et insister sur la nécessité «de mieux gérer les marchés». Ce qui n’est pas actuellement la principale préoccupation des autorités communautaires.
Coup de chapeau
Jean-Michel Lemétayer a également alerté le président sur les inquiétudes que lui inspire l’élargissement de l’Union européenne. «Demain nous serons 25 avec des pays dont les coûts seront inférieurs aux nôtres. Je crains que nous n’ayons pas la capacité de valoriser nos productions par rapport à nos coûts».
Bref, les agriculteurs «manquent de lisibilité. Ils ont besoin qu’on leur donne des perspectives», a-t-il insisté avant de demander au président qu’il affiche clairement que «l’agriculture est une priorité nationale» et que la loi de modernisation actuellement en préparation «redonne un nouveau souffle à l’agriculture».
C’est sur le même ton que Jérôme Despey, le président des JA, a accueilli le président de la République en lui rappelant que l’agriculture souffrait d’un manque de renouvellement des générations et que l’essentiel aujourd’hui était de redonner espoir aux agriculteurs pour accroître les installations.
À Jean-Michel Lemétayer, le président de la République n’a pas fait de promesses concrètes. Il a surtout affiché un grand optimisme en la capacité de l’agriculture de relever les défis passés et à venir. Grâce peut-être «à la cogestion (NDLR avec les organisations professionnelles) qui a d’immenses mérites et qui a permis à l’agriculture française de devenir la première du monde».