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Actualité du 05 mars 2004

5000 responsables agricoles à Paris

 

Pour être paysans demain
Face aux crises devenues structurelles, à la réforme de la Pac qu’elle n’a pas voulue et aux incertitudes de l’OMC, la FNSEA a réuni 5000 responsables locaux et invité des personnalités nationales pour dresser les pistes d’un nouveau projet agricole et redonner espoir à des campagnes dont le moral est au plus bas.

Ils étaient 5.000 agriculteurs à la Porte de Versailles le 1er mars 2004, réunis à l’initiative de la FNSEA pour affirmer que l’agriculture a encore un avenir et redonner espoir à des campagnes aujourd’hui sous le choc. Le choc des offensives médiatiques contre les organisations agricoles et leurs dirigeants. Les crises du porc, de la volaille et du lait sont devenues désormais structurelles, ainsi que l’a rappelé le président de la FNSEA. Sans parler des difficiles négociations de l’OMC, l’élargissement à 25 de l’Union qui n’est pas sans risques et une réforme de la Pac que les organisations agricoles n’ont pas voulue. Bref le moral est au plus bas dans les campagnes, d’autant que les agriculteurs sont confrontés à la toute puissance de la grande distribution qui impose ses lois et qu’ils se sentent remis en cause pour leurs pratiques culturales. La société devient en effet de plus en plus exigeante et regardante sur le processus de fabrication des aliments en matière de sécurité sanitaire ou de bien-être des animaux.
Faut-il pour autant désespérer de l’agriculture ? Non bien entendu. La FNSEA avait invité un certain nombre de personnalités politiques, du monde de l’environnement, de l’entreprise et du milieu associatif pour dire que l’avenir n’était pas «bouché».
Ainsi Martin Hirch, le directeur de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments : a mis l’accent sur la qualité sanitaire de nos aliments. De quoi désamorcer les critiques récurrentes sur la malbouffe qui touchent de près les agriculteurs: «Nous n’avons pas à avoir honte de notre sécurité sanitaire», a-t-il indiqué, en précisant que «la tradition gastronomique n’est pas contraire à la sécurité sanitaire» comme on le dit souvent. Tout en attirant aussi l’attention des agriculteurs sur l’apparition de risques nouveaux liés à l’usage des pesticides : «Les phytosanitaires seront le dossier à traiter pour les prochaines années», a-t-il conclu.

Mises en garde

Alain Etchégoyen, le commissaire général au plan s’est félicité du rôle irremplaçable des agriculteurs dans l’animation du milieu rural grâce à leurs gaec, leurs coopératives, et leurs mutuelles. Ce qui n’est pas neutre pour l’aménagement du territoire : «Les agriculteurs ne sont pas les intermittents du terroir» a-t-il déclaré en guise de boutade.
Nicolas Hulot, le militant bien connu de l’environnement a souligné pour sa part que l’agriculture a un rôle à jouer dans le développement durable et en premier lieu pour lutter contre l’effet de serre. Mais aussi qu’elle devait «évoluer» dans ses pratiques au regard des pesticides, de la gestion de l’eau ou de la sauvegarde de la biodiversité. «Le seul moyen de retendre une passerelle entre le monde urbain et le monde rural».
Bref, l’agriculture est aujourd’hui à la croisée des chemins pour réconcilier la production et les attentes de la société. Du défi de la production en quantité et en qualité qu’elle a gagné, elle doit y ajouter aujourd’hui celui de l’aménagement du territoire et du développement durable. Les agriculteurs sont prêts à les relever. Mais à condition que la puissance publique les aide. Ce devrait être l’ambition de la loi de modernisation dont le chantier doit être lancé «pour donner le cap à une agriculture innovante, responsable et durable» ainsi que l’a rappelé Jean-Michel Lemétayer.

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