La Charte des bonnes
pratiques en Elevage n'aborde pas dans les détails les questions d’environnement. Néanmoins quelques points essentiels pour l’image de
l’élevage ont été retenus. Les éleveurs sont ainsi invités, quelle que soit leur situation vis-à-vis de la réglementation, à enregistrer, sur un support de leur choix, leurs pratiques de fertilisation minérale et organique. Au minimum, ils inscrivent les lieux, dates, nature et quantité des produits épandus. Sans doute un peu fastidieux à remplir au départ, ce document doit devenir progressivement un véritable outil de gestion de la fertilisation sur votre exploitation. Il vous permettra de connaître les quantités d’effluents produites annuellement, leur valeur fertilisante, prévoir vos commandes d’engrais minéraux et ajuster finalement les doses aux besoins de vos cultures. Il permet donc d’optimiser les charges d'engrais.
Que faut-il enregistrer ?
Il faut noter, par parcelle ou lot cultural, les doses d'azote, dates et formes d'azote par apport (effluents d’élevage ou autre source), la date de semis, de récolte, le rendement (objectif initial et rendement obtenu), la gestion de l’interculture*.
Le cahier d'épandage fait également partie de la Directive "nitrates", qui demande aux agriculteurs situés en zone vulnérable de mettre en œuvre des actions pour limiter les risques de lessivage des nitrates dans les nappes d'eau souterraines. Une zone vulnérable est une partie du territoire où la pollution des eaux par le rejet de nitrates, d'origine agricole, et d'autres composés azotés susceptibles de se transformer en nitrates, menace à court terme la qualité des milieux aquatiques et plus particulièrement l'alimentation en eau potable. Pour celles-ci, des programmes d’action, s'appuyant sur le Code des bonnes pratiques agricoles, sont arrêtés par les Préfets de département afin de limiter la diffusion de composés azotés dans les eaux. Si vous avez des parcelles de terres agricoles cultivées sur une zone vulnérable, vous devez respecter la réglementation "Directive nitrates", même si votre siège d’exploitation n'y est pas. La DDA effectue des contrôles. Le contrôleur doit pouvoir aller sur les parcelles concernées : notez donc le N° d’îlot PAC ou les N° cadastraux. En zone vulnérable, l’enregistrement de ses pratiques de fertilisation azotée doit être réalisé en temps réel à la fois pour les épandages d’engrais de ferme, et pour la fertilisation minérale.
Caroline Hédouin
Institut de l'Elevage
* : Gestion d'interculture - Couvrir le sol en hiver : ne pas labourer avant le 1er février après des céréales à paille ou des colzas sur une parcelle qui accueillera une culture d’été ou implanter une culture intermédiaire (Piège à Nitrates). Cette mesure ne s'applique pas aux terres de coteaux à plus de 20% d'argile. Une dérogation individuelle est possible en terre de boulbène de plus de 20 % d'argile.