De mois en mois les pouvoirs publics retardent les décisions à prendre pour fixer les modalités d’application de la nouvelle réforme de la PAC (Accord de Luxembourg du 26 juin 2003).
L’incertitude sur les modalités qui seront retenues perturbe la gestion prévisionnelle de l’exploitation agricole. La distribution, par contre, a une certitude : celle de pouvoir faire baisser le prix des produits agricoles.
Cette pression, particulièrement forte sur les produits laitiers depuis quelques semaines, serait justifiée par la baisse programmée sur trois ans, du prix des produits industriels fixés par la Commission de Bruxelles, c’est-à-dire le prix d’intervention sur le beurre vrac et la poudre de lait, pour l’essentiel destinés à l’exportation sur le marché mondial.
Par contre, la baisse des prix des produits de consommations courantes (fromage, yaourts, crème fraîche, …) sur le marché intérieur n’est pas une fatalité.
D’autant que la répercussion sur les prix au consommateur de la baisse des prix agricoles est très (trop) rarement vérifiée. C’est donc encore une fois par l’action syndicale que les exploitants agricoles défendront leur revenu.
Par ailleurs, c’est dans les semaines à venir que les difficultés vont s’aggraver pour les exploitations victimes de la sécheresse de l’été dernier … et les pouvoirs publics seraient bien inspirés d’accélérer le paiement des indemnités calamités. Les producteurs de céréales n’ont encore perçu aucune de ces indemnités et les éleveurs ne pourront pas se contenter d’un acompte.
Michel Renevier
Président de la FRSEA