• Gel et sécheresse : un cocktail qui a pénalisé les récoltes 2003. Petite compensation : la hausse des prix, mais tout est relatif.
De cette année 2003, nous tirons deux enseignements.
Premièrement : Il est tout de même intéressant de noter que ceux qui évoquent une surproduction récurrente pour réformer le système sont les mêmes qui s’alertent “d’un risque potentiellement grave pour le marché intérieur en cas d’une faible récolte 2004”. D’où l’aboutissement du taux de jachère de 10 à 5%.
À moins que ce ne soit une manière de faire baisser les prix en libérant la capacité de production européenne !
Deuxièmement : l’Ukraine qui était LA référence en matière de prix mondial en 2002, a été absente du marché et est même devenue importatrice en 2003.
Cela révèle bien que la notion de prix mondial ne répond à aucune logique et nous conforte bien dans l’idée que la libéralisation totale des marchés mène droit au mur. La préférence communautaire, un des fondements de la Pac, ainsi qu’un minimum de protection tarifaire sont les seuls gages de sécurité pour les producteurs.
• Réforme de la Pac.
Le secteur céréalier a été épargné par une nouvelle baisse du prix d’intervention. En revanche, la diminution de moitié des majorations mensuelles impliquera tout de même une baisse des prix estimée à 3%.
Le choix du découplage total ou du recouplage à 25% n’est toujours pas tranché.
La modulation, qu’un certain nombre de céréaliers ont connue par le passé deviendra cette fois obligatoire. Elle alimentera le deuxième pilier de la Pac permettant d’assurer le financement de mesures agrienvironnementales telles les mesures rotationnelles dont nos voisins de Bourgogne bénéficient. Sur ce plan, la FSDEA a participé à l’élaboration d’un dossier franc-comtois qui, avec de nombreuses régions est toujours sur le bureau du ministre.
• Jachère
L’autorisation de récolte des jachères au printemps nous a fait oublier le fameux arrêté Cochet, prévoyant l’interdiction pendant 3 mois du broyage des jachères.
Sur demande de la FNSEA, il semblerait que le ministère revoie sa copie en ramenant cette période à 40 jours. Période que les départements devront fixer entre le 1er mai et le 15 juin. À suivre.