Les producteurs de lait de Haute-Saône sont fermement décidés à défendre leur revenu et donc le prix du lait. Vendredi dernier, aux alentours de 10h, à Creveney, un camion de lait “Président” est bloqué par deux tracteurs. La cabine pique du nez, les pneus avant ont été dégonflés. Ce sera le premier d’une série de 22. Sous pression, les producteurs entendent bien faire comprendre à tous les collecteurs du département qu’ils ne seront pas la variable d’ajustement des marchés. Les camions Lactalis, SFLC, Milleret, SAS le Francomtois mais aussi Roussey, Aboncourt ont vu leurs tournées interrompues, désorganisant la collecte et le bon fonctionnement des entreprises.
Au fil des jours et des semaines sans décision, les producteurs perdent patience et se demandent à quel prix le lait de janvier déjà livré sera payé ? Sachant que les premières payes de lait devraient arriver pour certains dès le 20 de ce mois !
Pendant ce temps, à Paris les représentants des transformateurs campent sur leurs positions tandis que le Ministre de l’Agriculture tente de débloquer la situation.
Le 10 février, les organisations professionnelles étaient reçues par le Ministre pour entendre les principales conclusions du rapport sur l’avenir de la filière laitière. Il ne s’agissait pas de fixer le prix du lait. Toutefois, le ministre a indiqué qu’il souhaitait “un accord provisoire sur le prix du lait entre producteurs et transformateurs pour le premier semestre 2004” a-t-il déclaré. “C’est indispensable pour
travailler sereinement à l’expertise et à la mise en place de solutions, avant l’application de la nouvelle Pac” a-t-il ajouté.
Annonce ministérielle
Le ministre a annoncé une aide immédiate de 20 millions d’euros pour engager les premières réformes structurelles importantes au sein de la filière.
En effet, le rapport indique que la restructuration de la transformation laitière est nécessaire. Face à “l’inconnue du découplage”, le rapport insiste sur “l’indispensable accompagnement des exploitations” en particulier sur l’allégement des charges, la modernisation des ateliers, la constitution d’exploitations regroupées, l’installation, ...
Quant à la maîtrise de la production, Hervé Gaymard a indiqué qu’il s’engagerait à “exhorter” ses collègues de l’Union Européenne à s’engager dans une politique de maîtrise “nous avons sauvé l’outil des quotas, maintenant utilisons-le” a-t-il dit.
En attendant, des groupes de travail vont se pencher sur les thèmes suivants : l’emploi, la maîtrise de la production, la restructuration de la transformation, les mesures en faveur des exploitations, la relation avec la distribution, la promotion, la recherche et l’innovation. Leurs conclusions sont attendues pour le 30 juin.
Pour Henri Brichart, président de la FNPL “il y a beaucoup de bonnes intentions dans tout cela, mais en tout état de cause, cette réunion avec le ministre, ne règle pas le problème actuel du prix du lait qui reste l’élément déterminant du revenu des producteurs”. Le combat continue.
CD