Vendredi dernier, à 14h00, les producteurs de lait de Haute-Saône, avec ceux du Jura, se retrouvaient à la maison des agriculteurs. Et en cortège, ils se sont rendus à la Préfecture pour livrer du lait, gratuitement, aux Pouvoirs Publics, ceux-là même qui ont signé la réforme de la nouvelle Pac et qui sont responsables pour partie de la situation laitière nationale actuelle.
Puis, les producteurs se sont rendus au Centre Leclerc. Là, la discussion fut difficilement possible entre les producteurs mais surtout le directeur,
M. Prunier. Lequel, a d’ailleurs avoué qu’il n’y avait pas de marges avant ou arrière sur le lait mais seulement sur les produits laitiers... Des propos qui n’ont qu’augmenté la pression des producteurs... mais aussi des tonnes, non plus à lisier, mais à lait. Là aussi, puisque le lait ne vaut rien, la livraison fut gratuite.
Lundi 3 février, cette fois, tous les transformateurs de Haute-Saône ont pu mesurer la colère et la détermination des producteurs de lait. Ils étaient plus de 80 à Loulans, chez Lactalis. Là, personne n’était en mesure de dire aux producteurs à quel prix le lait de janvier serait payé d’ici une dizaine de jours ! Alors, le porte parole des producteurs, Alain Jourdet a proposé d’appeler M. Pégeot de contacter ce dernier pour connaître sa position. Réponse de l’intéressé “Je n’ai rien à vous dire aujourd’hui, j’attends la réunion de mercredi. Mais je constate que la coopération veut une baisse de l’ordre de 18e/1000 l” incitait le responsable local des achats de lait chez Lactalis. Non satisfaits de cette réponse les producteurs ont épandu près de 9.000 litres de lait dans la cour du transformateur. Puis les producteurs ont pris la direction de Verchamp, où là aussi les producteurs ont laissé des traces de leur passage. Même scénario chez Milleret où les producteurs ont discuté avec Denis Milleret. Ce dernier a indiqué qu’il savait à quel prix il paierait le lait de janvier mais ne pouvait décemment révéler ce chiffre dès à présent. Comme à Aboncourt, ou bien encore à Selles à la fromagerie Roussey, mais aussi à Seveux, les responsables des sites ont expliqué que les marchés n’étaient pas florissants, qu’une baisse du prix du lait était incontournable. À Selles, M. Roussey a insisté sur le coût d’enlèvement du sérum...
Aucun site n’a échappé à une livraison gratuite de lait...
Les propositions des transformateurs faites mardi dernier ne vont pas calmer le jeu. Les chiffres annoncés sont inadmissibles, les producteurs refusent de brader leur lait. Ils restent donc mobilisés. Les actions vont se poursuivre...
CD