Jeudi prochain, sur fond de crise laitière, se déroulera l’assemblée générale de la FDSEA-FDPL, salle Parisot à Vesoul.
Henri Brichart, président de la FNPL siégera à la table ronde qui réunira également Guy Hermouet, vice président de la FNB et Didier Vagnaux, président de la coopérative Interval. Il ne sera donc pas seulement question de lait mais également de viande bovine, de céréales et plus globalement des enjeux et des défis que devront relever les agriculteurs face à la nouvelle réforme de la Pac qui a été signée par les Pouvoirs Publics le 26 juin 2003 à Luxembourg.
Avant sa venue, interrogé par téléphone, Henri Brichart a fait la point sur la situation laitière (page 4).
Quant à Guy Hermouet, il nous a confiè en quelques mots, quels sont pour lui les principaux enjeux et défis de la nouvelle Pac.
Guy Hermouet, 52 ans, agriculteur en Vendée, travaille avec son épouse et un salarié. En effet, Jusqu’au mois d’août dernier, date du décès d’un des associés, le Gaec était constitué de trois associés. L’exploitation est “plutôt intensive” confie l’éleveur, c’est “190 ha dont 60 ha de maïs et 60 ha de blé, 160 vaches allaitantes et 130 à 140 taurillons à l’engraissement chaque année”.
Egalement président du Goupement de producteurs de l’Ouest, l’éleveur vendéen ne mâche pas ses mots concernant le contexte, les enjeux de la filière bovine.
Préalablement à sa visite nous lui avons posé quelques questions d’actualité.
• Selon vous, quel est l’enjeu de la nouvelle Pac ?
La PMTVA. Nous devons préserver le couplage au maximum. Cette prime a eu un effet de maîtrise de la production. Aujourd’hui nous sommes à l’équilibre entre la production et la consommation grâce à cette PMTVA.
• Quel est le nouveau défi ?
La prime à l’abattage que la FNB défend. En effet, sans cette prime les éleveurs français vont cesser l’engraissement. Le risque qui nous guette est que l’engraissement des jeunes bovins et broutards soit exporté en Italie. Or, il nous faut conserver cette activité en France. Et si les engraisseurs disparaissent, d’autres maillons de la filière suivront...
• L’enjeu pour la filière ?
Il nous faut nous, producteurs, nous investir dans la filière, pour discuter, négocier, notamment à travers les groupements de vente et défendre notre métier. Dans ma région, chaque semaine les représentants de groupements de producteurs et acheteurs se mettent autour d’une table pour fixer une grille de prix. Dans cette démarche tout le monde à y gagner. Alors bien sûr, ce n’est pas toujours facile et il faut du temps pour arriver à un tel fonctionnement, mais tout le monde est gagnant. Je crois que l’enjeu de la filière est que tous les acteurs discutent et négocient intelligemment. Nous sommes sur la bonne voix, mais le chemin est long...
• Quel message aimeriez-vous que les éleveurs de Haute-Saône conservent suite à votre passage à Vesoul ?
En fin de compte, on a eu droit à une réforme en 1992, en 2000 et à chaque fois on s’est adapté. Alors bien sûr, on ne veut pas de réforme tous les trois ans. À nous de trouver les solutions pour préserver la valeur ajoutée, pour proposer une production de qualité. Je crois sincèrement qu’il faut rester optimiste, on aura toujours besoin des agriculteurs.
CD