Vendredi soir, aux alentours des 21 heures, les agriculteurs de Haute-Saône bravaient le froid pour se rendre chez les députés, sénateurs et Préfet de Haute-Saône. La raison de ce mouvement : l’absence de décret qui doit fixer la mise en place de la nouvelle taxe d’équarrissage.
En effet, avant le 31 décembre dernier la taxe d’équarrissage était payée par la distribution. Le montant global de cette taxe rapportait dans les caisses de l’Etat près de 500 Millions d’euros. Or, le coût réel de l’équarrissage n’est que de 200 millions d’euros. L’Europe a donc condamné la France à revoir sa taxation. Ce qu’elle a fait mais de façon incomplète. En effet, il a été dit que la nouvelle taxe serait toujours payée par la distribution, que le montant figurerait en pied de facture. Les abatteurs ont donc procédé ainsi mais la distribution, en l’absence de décret ne voulait pas payer et envisageait faire payer les éleveurs !
“Nous allons rappeler aux élus et représentant de l’Etat leur devoir” soulignait Emmanuel Aebischer, président de la FDPL face à une trentaine d’agriculteurs réunis à Luxeuil pour aller parler du pays au député Raison. Il en était de même à Vesoul où Thierry Chalmin président de la FDSEA et Etienne Virot président des JA, entourés de près de 80 agriculteurs se sont rendus en Préfecture. Là une délégation a été reçue par le Préfet pendant que pneus et palettes s’enflammaient devant le bâtiment. Puis le groupe s’est scindé en deux. L’un est allé rencontrer le sénateur Krattinger à l’hôtel du département tandis que l’autre se rendait en mairie pour y rencontrer le député Joyandet.
A Lure, Luxeuil, Pesmes, Vesoul…
À Lure, une délégation d’une quarantaine d’agriculteurs conduite par Michel Daguenet, Gérard Blondé, entre autres, s’est rendue à la permanence de Maryvone Briot. Même scénario à Pesmes où également une trentaine d’agriculteurs avec à leur tête Michel Renevier, ont rencontré le sénateur Joly.
Tous avaient en main le fax reçu quelques heures auparavant indiquant que Carrefour et plus globalement la distribution acceptaient de payer. Si pour les députés et sénateurs l’affaire est à peu près réglée, il n’en reste pas moins que “le dossier a cafouillé et qu’il faut que le décret sorte rapidement” a souligné le député Raison précisant que “la taxe facturée au petit boucher sera moins importante que celle de la grande distribution”.
Ces visites ont également été l’occasion d’attirer l’attention des élus sur des dossiers d’actualités :
• dossier calamités : à quand les versements ? Sur ce sujet, les députés de même que le Préfet interrogeront le ministère de
l’agriculture.
• Redevance azote : “Une redevance c’est toujours mieux qu’une taxe. La taxe tombe dans la poche de l’Etat, la redevance dans ce cas-là repart à l’Agence de l’eau et sert à mettre en place des mesures de protection de l’environnement” explique Michel Raison avant d’ajouter “mon boulot, c’est de limiter les taxes ou les redevances”.
• Usine d’incinération : sujet incontournable et sur lequel le Préfet et Yves Krattinger ont été appelés à s’exprimer. Pour le représentant de l’Etat, il est clair que le plan départemental d’élimination des déchets exige une usine d’incinération. Quelle soit d’une capacité de 41.000T contre les 82.000 initiales semble être une satisfaction pour le représentant de l’Etat.
Quand au sénateur et président du Conseil Général, il ne faut pas “raisonner avec des peurs. Il faut veiller à les maîtriser”.
• Prix du lait et réforme de la Pac : “Nous avons des incertitudes sur la taxe d’équarrissage, mais aussi sur la réforme de la Pac et sur le prix du lait” rappelait Michel Dagunet à Maryvone Briot sensibilisant la député de Lure sur le contexte économique agricole actuel.
Si le dossier de l’équarrissage est aujourd’hui en bonne voix, les agriculteurs ne restent pas moins inquiets vis-à-vis de l’avenir et ont demandé aux politiques d’intervenir auprès du ministre de l’Agriculture pour que celui-ci se décide à donner les conditions et date de mise en place de la réforme de la Pac en France. Les agriculteurs aimeraient y voir plus clair.
CD