Hervé Gaymard, dans son discours, s’est pour l’essentiel contenté d’exposer la philosophie du projet qui regroupe des dispositions très diverses - il a, à cet égard, employé la formule “bouquet rural” - et dont il n’a pas manqué de souligner qu’il avait été “élaboré de façon très concertée” par le gouvernement. Celui-ci est “allé à la rencontre des forces vives du monde rural”, expliquait-il. Cela étant, tout en affirmant une grande ambition, celle de “favoriser le retour d’une plus grande confiance en l’avenir du monde rural”, notamment en mettant fin à “des logiques trop sectorielles et cloisonnées” et à “la dispersion des politiques”, il a aussi reconnu les limites de l’exercice en déclarant que “le texte ne vise pas à être une loi de société”.
Une boîte à outils
Le gouvernement a simplement cherché à avoir “une approche pragmatique” en proposant “une boîte à outil” mise à “la disposition des acteurs de la ruralité”. De toute façon, a-t-il confirmé, ce texte sera complété cette année et l’an prochain par un projet de loi de “modernisation de l’agriculture”. Hervé Gaymard a tenu à souligner que les agriculteurs “même s’ils ne sont plus l’activité dominante du monde rural, demeurent aujourd’hui encore le “cœur battant” de nos campagnes”.
Si, globalement, la majorité s’est félicitée de l’initiative du gouvernement, ne proposant par voie d’amendements que des dispositions visant, selon ses dires, plus à améliorer le projet qu’à le corriger, l’opposition, en revanche, a considéré que le texte était tout à fait décevant. “Il s’agit d’un projet d’affichage qui pose bien des problèmes mais n’apporte pas de vraies solutions” a estimé le socialiste François Brottes. “Ce texte ne répond ni aux promesses du gouvernement ni aux attentes de nos concitoyens”, a renchéri le communiste André Chassaigne.
Le débat qui vient de s’engager promet d’être long. Et d’ores et déjà l’Assemblée a prévu de jouer les prolongations. Son ordre du jour avait envisagé que la discussion s’achève le 23 janvier. En définitive le projet continuera à être discuté jusqu’au 28 janvier.