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Actualité du 23 janvier 2004

Mise en œuvre de la Pac

 

Pac et Gestion des droits : clarifications attendues
APCA et FNSEA s’inquiètent de la gestion des droits à paiement de la future Pac mais aussi de la période de transition avant cette mise en place. “Il y a trop de non réponses sur des questions essentielles”.

Il devient urgent d’y voir clair sur la date choisie pour la mise en place de la Pac décidée à Luxembourg et sur la gestion des droits à paiement. Tel est le message qu’a adressé la profession agricole majoritaire (APCA, FNSEA et JA) dans ses vœux à la presse. Autant le souhait majoritaire sur le terrain est de connaître la règle du jeu le plus tôt possible, autant le gouvernement doit prendre ses responsabilités, a expliqué le président de la FNSEA qui refuse de se prononcer sur une date au nom de son syndicat. Pour Luc Guyau, il convient “d’aller le plus vite possible. Les agriculteurs ont besoin de visibilité” sans pour autant partager l’esprit de la réforme de la Pac. Les chambres d’agriculture se positionnent clairement pour la date d’application de 2005. La plus grande incertitude est “le comportement des agriculteurs face à ces nouvelles données”, rappelle le président de l’APCA.

Inquiétude sur la période de transition

Du côté des JA, le message est plus nuancé. C’est à la seule condition d’une politique de structures acceptables que les JA estiment que la mise en place le plus tard possible du découplage c’est-à-dire 2007, serait la solution la plus favorable. La délicate question pour le syndicalisme jeune est la période de transition avant la mise en œuvre effective de la Pac. De quels droits à paiement unique va bénéficier un jeune agriculteur qui s’installe en 2004 alors que la période de référence dite historique prend en compte les années 2001 et 2002 ?, s’interrogent par exemple les jeunes agriculteurs. Pour Jérôme Despey, “la période transitoire avant la mise en application de la nouvelle Pac ne doit pas constituer une aubaine pour la course à l’agrandissement”. Il insiste sur la “nécessaire clarification” de cette période.

Pas de droits marchands pour la FNSEA


Jean-Michel Lemétayer a regretté qu’à l’issue des groupes de travail mis en place par le ministère de l’Agriculture, il y ait encore "trop de non réponses sur des questions essentielles" comme la gestion des droits à paiement.
Sur le sujet de la gestion des droits à paiement unique, la FNSEA souhaite éviter “la loi du portefeuille” et se prononce aujourd’hui clairement pour des droits non marchands. Les JA plaident depuis de longs mois pour cette option. Au sujet de l’OMC et de la volonté des Américains de proposer une date pour éliminer les subventions à l’export, le président de la FNSEA estime qu’il s’agit d’une “provocation”. “Ils devraient commencer par balayer devant leur porte”, souligne-t-il. Même réaction du côté de l’APCA. Pour Luc Guyau, il s’agit “de continuité dans la provocation”. “On ne peut que s’attendre à cela de la part des Américains”, a-t-il lancé tout en souhaitant que l’Europe ne “molisse” pas!

Crise porcine : “C’est désolant !”


L’année 2004 du côté franco-français, c’est déjà une conjoncture difficile sur le secteur porcin et laitier a rappelé le leader de la FNSEA. Sans adresser "un carton rouge" au lobby porcin breton, comme l’a fait Pascal Ferey, secrétaire général adjoint de la FNSEA, quelques jours plus tôt, dans une interview à Ouest France, Jean-Michel Lemétayer estime que “l’on frôle le deuxième carton jaune. Je ne peux pas croire que les plus libéraux de la filière comptent sur les plus faibles pour être encore là demain, résume Jean-Michel Lemétayer. Cette filière a besoin d’être mieux organisée. Il est dommage d’avoir perdu autant de temps avec l’interprofession qui doit prendre ses responsabilités”. Se pose aussi un problème de régulation de l’offre, estime-t-il. Pour Jérôme Despey, il faudrait "sans tabou" pouvoir parler de maîtrise et pas seulement en période de crise. "Je me pose la question, assure le leader des JA, si ce secteur n’est pas encore assez en difficultés pour franchir ce pas?". "C’est désolant!", conclut Jérôme Despey. "C’est un problème d’organisation et de responsabilisation des producteurs d’autant que 50% de la production est réalisée par la coopération!". "Je ne peux pas entendre que la France n’est pas en surproduction", conclut-il.

Lait : une situation délicate

Autre sujet de préoccupation : le secteur laitier. "Nous savons que le contexte va être très difficile avec la baisse des prix et la mise en place de la Pac”, prédit Jean-Michel Lemétayer. Déjà, les opérateurs font pression voulant anticiper la baisse des prix, poursuit le syndicaliste. Cette situation "délicate" a fait l’objet d’une réunion de travail entre le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin et le président de la FNSEA. "Il faut engager avec le gouvernement une réflexion sur le devenir de la filière laitière”, conclut Jean-Michel Lemétayer.
Plus largement, la situation "morose" dans les campagnes et le besoin de "lisibilité" pour
l’avenir des agriculteurs doit pousser le gouvernement à afficher "clairement" pour 2004 si l’agriculture est une priorité ou non pour le pays, a expliqué Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA lors de ses vœux à la presse. Jérôme Despey de son côté juge les "signes" adressés par le gouvernement à destination des agriculteurs particulièrement "faibles". Lors de ses vœux à la presse le Président Jacques Chirac n’a pas prononcé une fois le mot "agriculture", a rappelé le leader des jeunes agriculteurs.


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