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Actualité du 16 janvier 2004

Bois énergie

 

Une autre façon de se chauffer et de valoriser la forêt
Se chauffer au bois en déchiquetant les arbres en copeaux permet non seulement d’utiliser une énergie pérenne, mais aussi d’entretenir la forêt. Explications.

Suite à la tempête de 1999, la filière bois a dû trouver des débouchés pour utiliser et valoriser au mieux des volumes de bois dépréciés, des surbilles, des houppiers. La filière bois énergie s’est imposée. En effet, elle a toute sa place dans la panoplie des énergies renouvelables à l’heure ou la société tend à se soucier davantage de son environnement.
Et dans le domaine du bois énergie, des pays comme le Danemark, l’Autriche ont déjà un certain savoir faire. Eux se chauffent au bois déchiqueté, s’équipent de chaufferie de taille industrielle capable d’alimenter un village, des immeubles... C’est donc là que les Français et les acteurs de la filière bois sont allés prendre modèle.
Ainsi, en France, notamment en Lorraine et aujourd’hui en Franche-Comté le bois déchiqueté intéresse et des chaufferies voient le jour. Ainsi, la caserne du Valdahon est équipée d’une chaufferie de ce type. Aussi, pour l’alimenter convenablement il faut bien sûr être en mesure de fournir le bois déchiqueté en temps, heure, volume et qualité. Les besoins sont de 30.000
tonnes de copeaux par an. La coopérative forêts comtoises, en partenariat avec la coopérative forestière de Lorraine (COFOLOR) s’est engagée à fournir des plaquettes.
Ainsi, fin décembre, la “Sylvatec”, était à l’œuvre dans les bois de Port-Sur-Saône pour déchiqueter résineux et feuillus qui n’avaient pas d’avenir commercial et tous les arbres attaqués par les scolytes. La “sylvatec” est une machine conçue au Danemark, capable d’avaler des arbres entiers, d’un diamètre de près de 35 cm maxi, tout en les déchiquetant. La taille des plaquettes obtenues peut aller de 25 à 42 mm.
Cette machine, unique en France, d’une valeur de 457.000 euros appartient à José Darchambeau, entrepreneur d’origine Belge. Ce monstre mécanique, simplement piloté par deux hommes, est capable de fournir 5 tonnes de plaquettes/heure dans des conditions optimales de chantier ou 27.000 tonnes de plaquettes forestières par an. Contrairement aux autres déchiqueteuses plus connues, celle-ci travaille directement en forêt. Les copeaux sont ensuite transportés sur un lieu de stockage. La manutention est donc plus limitée.
Aujourd’hui, cet outil permet aux gestionnaires de forêts d’entretenir les parcelles à moindre coût. La vente des copeaux couvre les charges liées au déchiquetage, au transport et aux frais de gestion.
De toute évidence, le développement du bois énergie, des chaufferies individuelles ou collectives à plaquettes, va permettre aux propriétaires forestiers d’entretenir et de réaliser des travaux sylvicoles à moindre coût. De cette façon, la forêt mieux entretenue devrait y gagner en valeur. L’utilisation du bois en énergie renouvelable, économique et écologique devrait se développer. On estime que les disponibilités sont de l’ordre de 40 millions de tonnes potentiellement récoltables par an. C’est dire combien nos forêts sont mal exploitées et valorisées.

Christelle Darosey


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