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Actualité du 16 janvier 2004

Coopérative laitière d’Aboncourt-Gésincourt

 

La souris dans le fromage
Désormais, la chaîne de fabrication des pâtes molles de la Coopérative d’Aboncourt répond au doigt et à l’œil d’une souris ...informatique. Explications.

Ils l’avaient dit, ils l’ont fait. Depuis fin décembre, la chaîne de fabrication des fromages à pâte molle de la coopérative d’Aboncourt-Gésincourt est totalement automatisée. Cette chaîne de fabrication nécessitait des manipulations éreintantes par les employés qui devaient, entre autres, retourner manuellement des clayettes et donc des tonnes de fromages. Ces travaux avaient été annoncés en 2002 par le président Guy Mercier et le directeur Norbert Mougey. Ils ont été réalisés en 2003 comme prévu.
Ainsi, près de 2 millions d’euros viennent d’être investis sans pour autant supprimer des emplois. “De plus, l’automatisation permet de résoudre partiellement nos besoins de main d’œuvre” précise Norbert Mougey .
Aujourd’hui, un ordinateur permet de suivre toute la fabrication du fromage. Et c’est à l’aide d’une souris... informatique qu’une personne supervise, modifie et gère les 13 process de fabrication des fromages. “Outre la suppression de la pénibilité de certains postes, cet outil nous permet de tracer toutes nos fabrications, mais surtout d’assurer une régularité des conditions de fabrication”. En effet, la machine surveille tous les critères des différentes recettes, souffle le chaud et le froid pour maintenir une température idéale : 29°. L’automate démoule, empile, stocke dans 9 cellules de pré-stockage. À l’écran, l’opérateur suit l’avancée de la fabrication des différentes spécialités et d’un clic, peut modifier les paramètres : la machine s’adapte !
Adaptabilité : un des maîtres mots de la coopérative Pâturages comtois. En effet, c’est en étant capable de répondre rapidement aux marchés que la coopérative tire son épingle du jeu. Et dans les années difficiles, la flexibilité de l’outil a permis aux dirigeants d’être réactifs et polyvalents.
Autre performance : l’automatisme a trouvé sa place dans le bâtiment existant et sans arrêt de la production !
“Par le biais de cet investissement nous avons amélioré les gains de productivité de 15 à 20% et nous avons gommé l’effet pervers des 35h puisque nous pouvons faire en 4 jours ce que nous faisions en cinq !” ajoute Norbert Mougey.

Et après ?

“Le prochain investissement va de pair avec celui que nous venons de terminer. Il est déjà bien engagé, il s’agit de l’atelier Cancoillotte” annonce le tandem président, directeur. “Nous avions prévu trois phases d’investissement. Nous avons réalisé la première. La seconde, c’est la construction d’un bâtiment de 2600m2 qui servira de stockage et qui abritera également un atelier de fabrication de cancoillotte. Un mets régional pour lequel nous avons un savoir faire. Les plans sont prêts, les budgets sont calés. Ne reste que quelques soucis administratifs à résoudre”.
Les travaux peuvent démarrer rapidement. L’objectif : que l’atelier soit productif à la fin de l’année. Cette nouvelle production a deux ambitions.
La première : développer une production de terroir qui connaît un essor certain. “La cancoillotte est un produit sain, naturellement diététique, en adéquation avec nos circuits de distribution”. La seconde, “elle nous permettra d’avoir plus d’autonomie en matière grasse” précise Guy Mercier.
Pour ce qui est de la fabrication d’emmental grand cru ou d’emmental au lait cru, Pâturages comtois n’entend pas les laisser de côté même si l’année 2003 fut difficile dans ce domaine. “Une baisse de 1 ou 2 points de la consommation nationale se traduit dans l’entreprise par une baisse de près d’un tiers des ventes. En effet, dans une telle situation les grands groupes ne font plus appel aux petites unités de production que nous sommes pour s’approvisionner. Ils vendent déjà leurs marchandises et ne nous sollicitent qu’en cas de besoin” explique Norbert Mougey.
Gérer, investir avec des marchés aussi fluctuants, avec un prix du lait actuellement non défini exige de prendre des risques mesurés : ce que font les responsables de la coop d’Aboncourt.
“Pour cette première partie d’investissement, nous ne nous sommes pas trompés sur les choix à faire, le personnel a pris l’outil en main, nous conservons notre adaptabilité et notre flexibilité : c’est une première satisfaction” avouent, le président et le directeur.

CD


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