La fédération départementale a repris contact avec les membres de bureau des différents GDON « endormis ». A cette époque, la fédération départementale des groupements de défense contre les organismes nuisibles se prénommait la fédération départementale de défense des ennemis des cultures. Après cette phase de travail, la FDGDON s'est aperçue qu'elle comptait quatre groupements dont deux « inactifs ». Lors d'une réunion d'information organisée le 17 décembre 2011, il a été décidé de radier ses deux groupements. En l'occurrence, celui de la Morthe avec Jean Lejeune en tant que président et celui des Quatre Vallées avec Philippe Vilquin. « Faire disparaître ces deux GDON permet de mieux repartir à zéro. Au lieu de créer des groupements communaux ou intercommunaux, il est plus pertinent d'en réaliser des cantonaux ou inter-cantonaux. Par conséquent, nous sommes plus réactifs et efficaces » argumente Gilles Raclot. Au niveau de la structuration du territoire, deux GDON ont été créés ces derniers jours par la fédération avec l'appui de la fédération régionale de Besançon. Le 31 janvier, un groupement est né sur les cantons de Scey-sur-Saône et Port-sur-Saône. Le président est Patrick Douhain, agriculteur sur la commune d'Aroz. L'objectif de la constitution de ce GDON est la lutte corvidés sur 14 communes du canton de Scey-sur-Saône. 14 agriculteurs (1 référent par commune) ont été désignés pour organiser au plus près du terrain cette lutte collective. Elle débutera dès que les différentes étapes administratives seront franchises. Le 6 février, un deuxième groupement (GDON du Pays Graylois) a été créé sur les cantons de Gy, Marnay, Pesmes, Gray, Autrey-lès-Gray, Fresne-Saint-Mamès, Champlitte et Dampierre-sur-Salon. Malgré une faible mobilisation des agriculteurs, « un noyau dur » s'est constitué pour mener à bien deux luttes conjointes. La lutte contre les ragondins s'étend sur 7 communes et la lutte corvidés sur 17 communes. Le GDON du Pays Graylois sera présidé par Gilles Raclot.
Un groupement a vu le jour, il y a quelques mois. Il s'agit de la réunion de deux communes : Fougerolles et Cubry-lès-Faverney. Ce groupement a été crée pour lutter contre des campagnols terrestres. Gérard Simonin, agriculteur à Fougerolles préside ce GDON dont le périmètre va être étendu aux cantons de Vauvillers, Saint-Loup-sur-Semouse et Amance. Enfin, il existe un quatrième GDON. Le GDON des Trois Rivières qui rayonne sur les communes de Vaivre-et-Montoille, Vesoul, Charmoille, Pusey et Pusy-et-Epenoux, son président est Hugues Barbey. « Les premiers contacts ont été pris avec les responsables du GDON, on pourrait envisager de le structurer au niveau des cantons de Vesoul Ouest et Vesoul Est » précise Gilles Raclot. Pour l'instant et même si les capacités financières de la FD GDON sont inexistantes, la fédération a investi dans l'achat de 50 nasses à deux entrées.
…et on passe à la lutte collective !
Lors de chaque réunion départementale, hormis le soutien administratif de la FDSEA 70, la FREDON est présente aux réunions pour expliquer notamment la lutte collective corvidés. Laurent Rebillard, technicien et spécialiste en la matière explique aux participants les tenants et aboutissants de la lutte contre la corneille noire et le corbeau freux.
Cette lutte démarre d'un constat que l'on peut juger sans appel ! De nombreux dommages sont signalés sur les semis de maïs et de tournesol. Perte de rendement, resemis nécessaires, retard de développement et hétérogénéité de la parcelle sont les principales conséquences à imputer aux corvidés. Ils font également des dégâts sur les bâches ensilage, sur les balles enrubannées et le petit gibier au détriment des chasseurs (perdrix, faisans) et des associations de protection de la faune. Autres conséquences à mettre au crédit des corvidés, les nuisances en zone urbaine et le risque de zoonose (transmission de la maladie à l'homme). A partir de ce constat, le technicien de la FREDON fait état de diverses expériences en matière de lutte. Il prend l'exemple du Pays de Loire et de Bretagne. Dans ces deux régions, la lutte collective par nasse à grande cage a fait ses preuves. Ce dispositif de lutte doit remplir trois critères inconditionnels. Une multiplication simultanée des points de piégeage, une nasse tous les 50 hectares, une rotation tous 15 jours avec d'autres communes limitrophes, le tout sur les mois de mars, avril, mai et juin. Les inconvénients de ce piégeage à caractère collectif sont la levée avant midi tous les jours des nasses, la capture deux à deux et la motivation, la mobilisation et l'animation locale qui doit être indispensable. Les avantages sont plus nombreux car ce piégeage est sélectif (on ne capture que des corvidés), c'est alternatif au chimique, le piège sera peut sujet au vandalisme et il est facilement entreposable et transportable. Enfin, il permet un travail en partenariat car l'ensemble des acteurs (les agriculteurs, les chasseurs, les piégeurs agrées, les gardes particuliers, les lieutenants de louveteries, les agents communaux, les élus…) ont des intérêts communs.
AL