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Actualité du 10 février 2012

Visites d'élevages

Où est passé l'interprète ?

Le 31 janvier dernier, la neige n'a pas arrêté les bus affrétés par Coopex pour emmener les délégations étrangères invitées à la découverte d'élevages de montbéliardes de Franche-Comté. L'occasion de mettre en valeur tout le potentiel d'utilisation de la race.

«C'est la météo idéale, se réjouissait Tristan Gaiffe, directeur général d'Umotest Coopex : les paysages sont magnifiques mais on peut circuler sans problème… » Plus de 300 visiteurs étrangers, logés dans des hôtels de Besançon, sont en effet montés ce matin-là à bord des bus, pour une tournée de découverte des élevages de la région. Dans le territoire de Belfort, à quelques centaines de mètres de la frontière suisse, première étape au Gaec Elevage Fridez, à Villars le Sec. Dans une ambiance hivernale, les visiteurs chaussent les nécessaires surbottes avant de franchir la porte de la stabulation.

« Attention sur la neige, ça glisse ! », avertit Jean-Paul Brun, chargé de traduire à la volée en anglais les explications de l'éleveur et les questions des hôtes étrangers. Ici, la sélection du troupeau a été intense sur le volet de la productivité laitière. « En 10 ans nous avons doublé la production laitière, en passant de 400.000 à 800.000 litres de quota sans augmentation du cheptel », relate Olivier Fridez, qui travaille avec son père et un salarié sur le Gaec. « La moyenne laitière du troupeau est entre 9.500 et 10.000 kg/vache/an. » Pour atteindre ce niveau, la conduite de l'alimentation est primordiale. « Nous distribuons une ration mélangée simple, à base de 30 kg d'ensilage maïs, 8 kg d'enrubanné (luzerne et ray-grass), et 2,5 kg de tourteau de soja à 40 % de protéines. Le concentré de production est à hauteur d'un kilo par tranche de 3 litres au-dessus de 30 litres, jusqu'à 2,5 kg/vache/jour. » En été, seulement 2/3 de cette ration est distribué, complété par 6 ha de pâturage autour du bâtiment. Les quantités de concentré distribué aux laitières avoisinent les 2 tonnes par an, pour un coût de 64 € aux mille litres produits. Le lait, commercialisé à la laiterie l'Ermitage à Clerval pour être transformé en raclette est bien valorisé : 370 €/1.000 kg en 2010, grâce à 45 € de bonus TP et bonus qualité. Près de la moitié des 140 ha de SAU est consacrée aux grandes cultures (colza, blé, orge…). Le bâtiment qui abrite les laitières, construit en 2.000, est en logettes paillées.

Longévité des vaches
« Notre stratégie de sélection est axée volontairement sur la quantité de lait et la longévité des vaches : c'est possible en race montbéliarde », expose Olivier Fridez. Des propos confirmés par la présence de plusieurs vaches de 8 ans et même une de 11 ans dans l'élevage, en excellent état de conservation. Le numéro moyen de lactation du troupeau (2,5) ainsi que le taux de renouvellement (27 %) ne reflètent qu'imparfaitement cette aptitude. « 50 % des vaches qui sortent du troupeau sont vendues au lait ou comme reproducteur à d'autres élevages ». La visite du bâtiment d'engraissement des taurillons illustre le potentiel viande de la montbéliarde. « Nous sommes à 430 kg de carcasse en moyenne à 22 mois, avec un prix de vente de 3,55 € du kg. »
Au Gaec de l'Aurore, à Reugney, une immense serre émerge de la plaine enneigée. « Nous produisons de l'électricité avec la méthanisation du lisier du troupeau, et l'eau qui sert à refroidir le moteur permet de tempérer la serre, en gros 15°C au-dessus de la température extérieure. », expose Gilles Vallet. De fait, c'est une petite enclave de printemps où poussent radis, betteraves et salades bio, dans une agréable odeur de terre fraîche, tandis que dehors les rafales de vent accentuent encore la sensation de froid glacial. Mais revenons à nos vaches… « Notre stratégie consiste à produire un maximum de lait autonome, conjugué à une bonne valorisation du lait en filière comté, pour permettre un bon résultat économique. » Pour ce faire, la sélection porte sur la longévité et la solidité des vaches, ainsi que sur un taux protéique élevé. « Nous n'élevons que 40 génisses par an (le troupeau compte 115 laitières NDLR) pour le renouvellement, tandis que les autres sont vendues, car nous sommes limités en fourrages. Aussi pour être sûr d'avoir des femelles de nos meilleures lignées, nous inséminons 20 à 30 % en semence sexée. Nous sommes très exigeants sur la qualité des mamelles et le taux cellulaire. »
La sélection de vaches présentées permet d'illustrer ces propos. Ainsi Safrane (Lecuyer), actuellement en 7ème lactation, a eu des vêlages réguliers et ce malgré de bonnes performances de lactation (plus de 8.000 kg en ration foin regain, soit la moyenne du troupeau en 2010) « ce qui correspond aux objectifs de l'élevage. » Des visiteurs interrogent l'éleveur sur l'observation des chaleurs. « Tous les matins, le trayeur commence sa journée par un quart d'heure d'observation, depuis le fond du bâtiment ».
Enfin le Gaec de la Charmée à Amancey conclut cette tournée en beauté. « Quel bâtiment ! » s'exclament de nombreux visiteurs, appareils photos en main. Il faut dire qu'il a de l'allure, ce bâtiment entièrement en bois, flambant neuf. « Nous sommes un Gaec familial, entre mon oncle, mon beau-frère et moi », explique Matthieu Ordinaire. La moyenne laitière est passée au-dessus des 8.000 kg en 2010-2011, et ce malgré une importante augmentation du cheptel pour assumer une augmentation de quota. « Nous distribuons du foin à volonté et du regain à hauteur de 8 kg/VL en hiver. » « Mais comment faites-vous pour avoir un foin si vert ? », interroge un vétérinaire marocain. « C'est le séchage en grange en vrac, qui permet de préserver les parties feuillues de l'herbe », répond l'éleveur. Quant aux visiteurs chinois, ils voudraient savoir comment se passent les vélages. « Dans la mesure du possible, nous essayons d'assister à tous les vélages. Mais neuf fois sur dix, la vache se débrouille toute seule… »

AC


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